Le congrès de l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB) approche. Dans les coulisses, les préparatifs s’accélèrent. Le message est déjà écrit : réaffirmer un soutien total au programme politique du Président Brice Clotaire Oligui Nguéma.
Ce congrès ne sera pas une formalité. Il sera un recadrage. Ce, d’autant plus que la majorité au Parlement est antinomique à la crise de confiance qui secoue le parti. Et pourtant, l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB) est sortie largement majoritaire lors des dernières élections. Il contrôle le Parlement et tient plusieurs conseils locaux.
Sur le papier, c’est la force dominante du pays. Sur le terrain, l’image est différente. Et pour cause, la crise de défiance qui a secoué le Conseil municipal de Libreville a mis à nu un malaise profond. Une perte de confiance dans la machine du parti présidentiel.
Le diagnostic du Président-fondateur est sans appel : il faut remettre l’expérience aux commandes. Le problème est donc identifié à la source. En effet, après la fusion qui a donné naissance à l’UDB, les postes stratégiques ont été occupés par les partisans de l’aile communautaire « obangame ». Résultat des courses : des postes clés confiés à des cadres inexpérimentés en raison de leur affinité avec certains régents, tandis que les compagnons d’expérience, notamment les anciens cadres du PDG, ont été relégués au second plan ou ont fait l’objet de marginalisation.
Oligui Nguéma a tranché. Il veut désormais un Secrétaire général engagé, plus ancré sur le terrain, capable de structurer un parti qui doit gouverner, proposer et orienter. Pas une formation juste pour exister.
Les indiscrétions sont claires : le potentiel successeur de Mays Mouissi viendra probablement du vivier des anciens « pédégistes » pour éviter le pilotage à vue du parti présidentiel. Des profils qui connaissent l’État, la gestion locale, les rouages politiques. Des hommes et des femmes qui ont fait leurs preuves avant la transition. Et non des tribuns de l’immobilisme.
Pourquoi ce choix est-il logique ? L’UDB est une formation hybride. Elle rassemble d’anciens dissidents du PDG venus par conviction idéologique d’un Gabon souverain et digne d’envie, des cadres « obangame » avec en tête un intérêt partisan, et des gabonais qui se reconnaissent dans la vision de reconstruction nationale portée par Brice Clotaire Oligui Nguéma.
Pour que cette hybridation fonctionne à merveille, il faut au parti présidentiel de l’expérience au « volant ».
Les anciens du PDG ont administré le pays pendant des années. Ils connaissent les rouages, les erreurs à éviter pour ne pas retomber dans les travers du passé, les leviers à actionner pour avancer. Les écarter c’était affaiblir le parti. Les rappeler au-devant de la structure c’est la renforcer.
Le congrès à venir ne porte pas que sur un nom à la tête du Secrétariat général. Il porte sur la capacité de l’UDB à devenir un véritable outil de transformation, pas une coquille vide.
En plaçant des dirigeants expérimentés à la manœuvre, Oligui Nguéma envoie également un signal aux militants de l’UDB : l’heure n’est plus aux équilibres internes stériles. L’heure est désormais à l’action, au terrain, au résultat.
L’Union démocratique des Bâtisseurs est à la croisée des chemins. Avec ce choix, elle prend la direction de l’efficacité, de l’engagement, du dynamisme et du réalisme politique.
Thierry Mocktar




