Forêt gabonaise : l’ère Lee White, un bilan qui interpelle la justice

Environ 88 % du territoire gabonais est couvert par la forêt. Cet actif constitue une mine d’or écologique, économique et un enjeu pour le développement durable. En dépit de cette importance, la gestion de cet actif fait l’objet de dissension, alors que d’ancien Ministre sont taxés pour la collision de leur gouvernance. Ce qui devrait inviter la justice à s’interroger et prendre des décisions.

Ancien ministre des Eaux et Forêts, l’Environnement et du Climat – entre 2019 et 2023 et ancien proche de l’ex Première Dame Sylvia Bongo Valentin, Lee White incarne ces critiques. Durant sa période de gouvernance, il a été au cœur de la gestion de nombreux chantiers, dont celui sur l’interdiction d’exportation de grumes sans transformation et la promotion du Gabon vert.

Sur le terrain, sa présence était irréprochable, sur le papier, les retombées restent peu visibles, à cause de plusieurs points d’ombre. Entre autres : l’industrialisation annoncé du secteur forêt-bois, la gestion controversée des concessions et la gestion financière du conflit homme-faune.

Sur le plan climat, l’engagement du Gabon a été salué au niveau international, mais au niveau national, des choses à redire. Ce constat emmène à se poser de question sur le rôle réel de Lee White dans la gouvernance forestière locale. Qu’a fait Lee White ? Pourquoi la justice ne s’est-elle pas saisie du dossier au moment où elle avait la capacité d’activé l’Interpol ?

Des questions que le peuple gabonais s’est toujours posées depuis 2023. Trois freins permettent une possibilité de compréhension des faiblesses de ce dossier : le flou juridique entre choix politique et fraude pénale ; la charge de la preuve et l’exfiltration de Lee White ; la continuité de l’État.

Le bois gabonais, en effet, représente des milliards de francs CFA pour le pays. Il est trop stratégique pour rester dans une zone grise. Si la gestion de Lee White a été considérée comme « catastrophique », il faut des comptes. Un audit forestier national indépendant s’impose. La saisine du Paquet et remettre les gabonais au centre de l’exploitation forestière.

Le Gabon ne peut être champion du climat à l’étranger et champion du silence à la maison. Le dossier sur Lee White est un dossier d’État. La forêt, c’est du patrimoine. Un patrimoine, ça se protège aussi devant le juge.

Thierry Mocktar

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