Jadis chasse gardée de la France à l’issue de la colonisation, quatorze pays du continent africain partagent en commun le français et le Francs CFA comme héritage. Face à la fragilisation des relations de la France avec ses anciennes colonies, Paris veut désormais regarder ailleurs. Cette nouvelle trajectoire souhaitée trahit, tant la fragilité de la position de la France en Afrique que la reconnaissance de l’échec de sa politique internationale sur le continent.
Dans une vidéo TikTok, en prélude au sommet Africa Forward, Christophe Boisbouvier, le célèbre Journaliste de Rfi, comme c’est le cas depuis plusieurs années, a été à nouveau choisi par la radio française pour la promo de cet événement qui se veut à la fois résilient et né de nouveau. Très connu pour son lien avec les internautes, c’est certainement ce soupçon qui explique son choix.
Le sommet s’ouvre ce lundi 11 mai à Nairobi au Kenya et va s’achever demain, mardi 12 mai. Au total, 30 chefs d’Etat doivent durant les deux jours des échanges, séjourner dans la capitale kényane. Ce qui interroge, c’est le choix de la ville devant abriter le sommet. La France a privilégié un pays anglophone en lieu et place de ses « alliés » d’antan comme la Côte-d’Ivoire, le Sénégal, le Gabon, le Cameroun ou encore le Togo et le Bénin pour ne citer que ces pays.
Dans sa vidéo, le journaliste reconnaît d’ailleurs que ces pays ne sont plus les partenaires privilégiés de la France en termes d’échanges, au détriment du Nigéria ou encore de l’Afrique du Sud. Mieux encore, affirme le journaliste, « beaucoup de chefs d’entreprises françaises disent tout bas qu’ils préfèrent investir dans les pays anglophones, car à leurs yeux, la situation y est plus stable ». A la re-conquête économique de l’Afrique, après sa débâcle au Mali, Burkina-Faso et Niger, la France veut se repositionner en Afrique en tissant de nouvelles alliances. Le sommet devrait donc déboucher sur des annonces d’investissement. Mais à quel prix ?
Laminé en Afrique sur le terrain géopolitique par la Chine, la Russie et d’autres nouveaux acteurs moins influents, la France veut se refaire une santé économique en Afrique anglophone, profitant de l’œuvre de l’Angleterre, après avoir partout où elle est passée, semé le trouble en érigeant le pillage à outrance comme norme de partenariat et de gouvernance, en domestiquant une partie des réserves financières africaines et en imposant des dirigeants non voulu. En voulant fuir le chaos qu’elle a semé, la France, avec elle, ses entreprises, reconnaît implicitement que ses décennies de main basse sur l’Afrique francophone a été une catastrophe au point qu’elle a presque du mal à affronter la réalité en face.
En effet, l’instabilité politique propre à la région Afrique francophone, la mal gouvernance et autres, sont les maux hérités d’une politique approximative de la France en Afrique. Elle l’a souvent affiché : « le France d’amis, elle n’a que des intérêts », cette célèbre phrase du Général De-Gaulle souligne pour les pays africains, l’urgente nécessité d’entamer une séparation en douce et silencieuse avec la France en regardant vers de nouveaux partenaires plus crédible et moins intéressés par des rapports de dominant-dominé. Cette mutation est nécessaire, surtout dans un monde qui se complexifie de plus en plus. La nécessité d’avoir des partenaires sérieux et fiables s’impose naturellement.
Le Fils du Bled




