Gouvernement/Remaniement en vue : Oligui Nguéma s’apprête à trancher entre ceux qui avancent et ceux qui bloquent

Quatre mois seulement après sa formation, l’équipe coordonnée par Hermann Immongault tient sa première revue d’examen. Et le verdict du Président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguéma, sans appel, tombe : pas de place pour le décorum.

En effet, l’exécutif gabonais s’apprête à vivre un séisme de forte magnitude. Conséquence du remaniement ministériel qui profile au sommet de l’État. Une dizaine de ministres sont menacés d’éviction pour garder ceux qui bougent et dégager ceux qui dorment.

Là où ça avance, le Gabon retrouve des réflexes d’État. Dans quatre secteurs stratégiques, le signal a changé, on sent la présence de l’État. Dans le domaine sécuritaire, l’armée a repris la main sur sa mission régalienne. Fini les zones grises. Les opérations de sécurisation des frontières, de la protection des biens et des personnes ainsi que la lutte contre les réseaux illégaux et le grand banditisme ont repris du rythme. L’ordre revient, avec lui, la crédibilité de l’uniforme.

Les chantiers d’urgence dans les écoles, la remise à plat des effectifs fantômes dans le secteur de l’éducation, la volonté politique de remettre l’enseignant au centre sont autant de défis qui bougent. Pour la première fois depuis longtemps, la rentrée scolaire est traitée comme un sujet de souveraineté, pas comme une routine administrative. Les examens nationaux sont respectés et tenus dans les délais des calendriers.

La décision de transformer localement le manganèse marque un tournant décisif. Le Gabon ne veut plus vendre sa matière brute pour racheter ses propres produits transformés. C’est le début d’une rupture économique réelle.

À côté, certains donnent l’impression d’être en mode veille prolongée. Les citoyens attendent toujours une justice sociale impartiale qui tranche vite et sans passe-droits. L’impunité recule dans les discours, mais pas assez dans les tribunaux.

L’ensemble des villes du pays attendent toujours des logements décents et des infrastructures praticables. Les études s’empilent.

Coté emploi, le chômage chez les jeunes est endémique. Les promesses de régulation du marché du travail ne dépassent pas le cadre des ateliers.

Sur le plan de la santé, les hôpitaux publics fonctionnent toujours en mode survie. Manque de médicaments et d’équipements techniques, personnel médical découragé, le constat est violent avec des ambitions affichées.

Malgré les efforts du gouvernement avec le lancement de plusieurs projets d’envergure, le secteur des transports connaît toujours la léthargie.

Le message du chef de l’exécutif est clair : on ne gouverne pas pour tenir, on gouverne pour transformer. Oligui Nguéma l’a dit devant le Parlement réuni en Congrès : »l’État de la nation se mesure à ce qui change concrètement dans la vie des gabonais ». Le remaniement en perspective doit donc suivre une seule logique : l’action publique mesurable.

Défense, sécurité, éducation, souveraineté minière ont montré qu’on peut bouger quand la volonté politique existe.  Justice, habitat, travail, santé, infrastructures et services n’ont plus d’excuses.

Les gabonais ne demandent pas des miracles en quatre mois. Ils demandent de voir ce qui bloque. Le président s’apprête à leur donner la réponse.

Thierry Mocktar

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