Le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma a, à la faveur de sa prise de parole devant le Parlement réuni en congrès, annoncé qu’une loi de programmation militaire 2026-2030 est actuellement en examen. Un programme de souveraineté porté par la Ministre d’État, ministre de la Défense nationale, Brigitte Onkanowa. L’objectif est clair : moderniser et renforcer les capacités des Forces de défense et de sécurité (FDS) pour en faire un levier permanent de stabilité, de souveraineté et de développement.
Sur le papier, ça ressemble à un slogan politique. Dans les faits, le programme est faisable. Et voici pourquoi jusqu’ici, l’équipement et la formation des FDS avançaient au gré des urgences et des moyens disponibles.
Une loi de programmation, c’est l’inverse : un cap pluriannuel, des crédits sanctuarisés, des livrables mesurables chaque année. Cela permet d’éviter les commandes au coup par coup, les délais d’attente interminables et le gaspillage des ressources disponibles.
Le Parlement garde la main pour contrôler. Les forces savent sur quoi compter pour s’équiper, s’entraîner et recruter.
Depuis août 2023, la restauration des institutions passe par la restauration de l’autorité de l’État. Impossible d’y parvenir sans des forces professionnelles bien équipées et crédibles sur le terrain des opérations. Sur ce plan, le président de la République, Chef suprême des Forces de défense et de sécurité a également annoncé la commande de nouveaux équipements dont des hélicoptères et des embarcations navigantes.
La loi de programmation militaire 2026-2030 inscrit cette possibilité dans la durée. Elle sort la défense du cycle des discours pour l’ancrer dans un calendrier d’actions pragmatiques.
C’est dire que quand la hiérarchie politique tient la ligne, la chaine de commandement suit. Et pour cause : un investisseur ne s’installe pas dans une zone grise. Un projet d’infrastructure ne tient pas sans sécurisation. Un citoyen ne croit pas à l’État si la sécurité reste aléatoire.
En faisant de la défense un levier de développement stratégique, le Gabon inverse la logique : « on ne sécurise pas après avoir grandi, on sécurise pour pouvoir grandir ». Routes, ports, zones économiques, frontières : tout dépend de cette capacité à garantir l’ordre et la souveraineté sur le territoire national.
Personne ne parle de course à l’équipement, à l’armement. L’enjeu est ciblé : renseignement, mobilité, logistique, formation des cadres, entretien du matériel existant.
Des choix intelligents, concentrés sur les menaces réelles : insécurité transfrontalière, criminalité organisée, protection des ressources.
Les partenariats techniques et la coopération régionale peuvent alléger la charge. L’essentiel est d’avoir une vision et de s’y tenir.
Le test de crédibilité ne sera pas le vote de la loi. Ce sera l’exécution du programme. Si les crédits suivent, si les marchés sont transparents, si les FDS montent en compétence, le Gabon gagne en stabilité et en respectabilité internationale.
La loi de programmation militaire 2026-2030 a des moyens d’être plus qu’un texte.
Elle peut être le socle d’un État qui protège pour construire. Et, ça c’est faisable.
Thierry Mocktar




