Alors que la date butoir pour la mise en conformité des partis politiques approche, l’ambiance dans le paysage politique gabonais vire à la crispation.
Au Gabon, beaucoup de partis ont du mal à répondre aux exigences règlementaires fixés il y a juste quelques années. Et pour cause, alors que le compte à rebours est lancé, beaucoup de formation politique semblent jouer la montre et optent pour la résistance passive plutôt que pour la mise en conformité exigée par la loi.
Au cœur du dossier, Adrien Nguéma Mba, le Ministre de l’intérieur, de la sécurité et de la décentralisation, le patron de la tutelle des partis politiques. C’est à lui que revient la tâche de faire appliquer la réforme sans trembler.
L’objectif affiché est simple : assainir le jeu politique en obligeant les partis politiques à se conformer aux critères de représentativité, de transparence et d’organisation interne face aux enjeux. Fini les structures fantômes créées pour la saison électorale
Sur le papier tout le monde l’a et pourtant approuvé. Sur le terrain de la conformité, c’est une toute autre histoire. Entre dossiers incomplets, lenteurs administratives et déclarations publiques ambiguës, plusieurs partis politiques multiplient des signes de résistance. Certains espèrent un report. D’autres misent sur le manque de volonté politique pour appliquer la sanction.
« Force reste à la loi », répond l’Avenue de Cointet.
Le ministre de l’Intérieur sait qu’il joue gros ! Entre fermeté et compassion à l’endroit des partis récalcitrants, laisser passer reviendra à valider le statut quo et à discréditer toute la réforme. Appliquer la loi à la lettre risque de provoquer une levée de boucliers à quelques jours d’une échéance sensible.
Ce dernier est donc dans une sorte de test de fermeté et de tolérance zéro où la rigueur doit être assumée. Pour bien faire comprendre les choses, au ministère de l’Intérieur, on rappelle que la date butoir n’est pas une option. Pour l’administration, il s’agit de passer d’une logique de promesse à une logique de contrôle.
Bras de fer aux multiples contours
La mise en conformité est un signal fort : les règles relatives s’appliquent à tous, y compris à l’endroit des acteurs historiques. Si la reforme échoue, c’est un message inverse qui s’installe : la réforme recule devant la pression des partis politiques.
Pour Adrien Nguéma Mba, la marge de manœuvre se réduit. La date approche, et l’histoire retiendra que grâce à lui, le Gabon a assaini son paysage politique sans avoir cédé à la résistance. La balle est désormais dans son camp. Et le chronogramme tourne.
Thierry Mocktar




