Le Gabon a-t-il signé de « grands accords stratégiques » avec Eramet France…, pour au final, obtenir que des miettes ?
La question brûle depuis les engagements pris sur deux chantiers majeurs par la partie française : la transformation locale du manganèse et la nouvelle ligne de chemin vers le futur port en eau profonde de Kobé-Kobé.
En signant ces conventions, le Gabon y a vu la preuve d’un partenariat « gagnant-gagnant » dans l’obtention de la transformation locale de sa ressource minière. La face cachée de l’iceberg. Sauf que sur le terrain, les deux entreprises gabonaises, filiales de la multinationale française, subissent le diktat du déséquilibre des postes de responsabilité.
À Paris, on « vante l’engagement historique de l’industrialisation du Gabon ». À Libreville, on évoque » les contraintes techniques financières » pour justifier certains retards.
Cependant, Eramet-Comilog continue d’exploiter et d’exporter massivement du minerai brut. Plus rentable, plus rapide. La valeur ajoutée promise reste bloquée dans les « Slides PowerPoint » de Paris.
L’entrée de Murielle Minkoué au Conseil d’administration d’Eramet-France est, certes, une avancée pour le Gabon après soixante ans d’exploitation du manganèse. Malheureusement, les décisions de cette instance, où n’avait jamais siégé un représentant gabonais, se tiennent toujours en France. Cela se traduit également par l’occupation par les français de la majorité des postes de responsabilité et décisionnel au sein d’Eramet-Comilog.
Du côté de la Setrag, le contraste en termes de statistique est disproportionné. Sur 18 postes de directeurs, 7 sont occupés par des gabonais, 7 par des français, 3 par des franco-gabonais, choisis par la France, et 1 tunisien. Alors que le rapport de force devrait revenir à la partie gabonaise pour les postes occupés par les binationaux et par le cadre Tunisien.
Justin Anga Otounga




