Sous l’impulsion de son Président-fondateur Brice Clotaire Oligui Nguéma, le parti présidentiel a célébré hier, dimanche 5 juillet 2026, sa première année d’existence. Une année qui s’est traduite par la conquête électorale : législatives, locales et sénatoriales dans le prolongement des élections présidentielles du 12 avril 2025. Un raz-de-marée qui devait sceller son leadership.
En douze mois d’existence, l’Union démocratique des Bâtisseurs a ouvert la porte à la recomposition du paysage politique gabonais. Malgré cela, des tendances accusent une marginalisation systématique des leviers du parti. Au centre des critiques : le clan « Ossimane », présenté comme regroupant une minorité de militants du septentrion. Ce clan est accusé à tort ou à raison, de profiter de sa proximité avec le pouvoir pour tenir les l’influence et les « promotions » au sein du parti. Des cadres qui se sentent mis à la touche, des nominations contestées dans les administrations publiques et des investitures verrouillées et controversées dans les Conseils locaux…sont autant des méfaits qui sont reproche à cette rive politique.
À la tête de l’appareil, le Secrétaire général Mays Lloyd Mouissi Kinga est directement pointé du doigt pour son manque de dynamisme et d’engagement. On lui reproche également le manque de charisme pour coller les fissures dans un milieu où des politiques d’expérience entendent véritablement porter haut l’idéologie et le flambeau du parti.
Incapable d’arbitrer, accusé de laisser-faire, un congrès qui tarde à venir, il serait, selon des sources concordantes, soutenu dans cette position par les partisans « d’Ossimane ». Plutôt que d’incarner le rassemblement, le Secrétaire général donnerait l’impression de gérer le parti au pouvoir comme une pré-cour.
Dans un parti présidentiel, le Secrétaire général n’a pas droit à l’erreur. Il doit être le ciment. Or, aujourd’hui, à l’UDB, les militants ont l’impression que ça craque, plutôt que ça ne rassemble.
Alors que les attentes des populations sont nombreuses et demeurent élevées à l’échelle nationale – emploi, pouvoir d’achat, services publics, l’UDB perd du temps et de l’énergie dans des querelles internes. Un parti qui se déchire ne peut pas bâtir. Un parti qui marginalise ne peut pas rassembler.
Ce premier anniversaire devait marquer l’entrée dans une nouvelle ère pour l’UDB. Cependant, il risque de marquer le début des interrogations sur sa capacité à capitaliser son leadership.
Le défi pour Brice Clotaire Oligui Nguéma est clair : recadrer, arbitrer, et rappeler que l’UDB n’appartient à aucun clan. Elle appartient au Gabon. « Sans unité, pas de bâtisseurs. Sans bâtisseurs, pas de Nouvelle République », semblent dire en cœur les militants.
Thierry Mocktar




