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dimanche, 4 décembre 2022

Transports terrestres/Accidents routiers : le gouvernement face au casse-tête de la méconnaissance de la législation et des règles de conduite.

La campagne de sensibilisation sur la sécurité routière lancée par le Ministre des transports, Brice-Constant Paillat, dans le département du Komo (Kango) à révéler au grand jour combien la fréquence des accidents routiers avec mort d’hommes était sensible pour le gouvernement gabonais.

Dont plus de 90 % des sinistres impute à l’irresponsabilité humaine. Les pouvoirs publics souvent tenu pour responsables à cause de l’état défectueux d’une grande partie du réseau routier du pays en ont fait une préoccupation majeur. Au regard de l’engagement de l’État dans la réhabilitation des infrastructures routières.

D’aucuns estiment d’ailleurs dans bien des cas que cela relève plutôt d’une méconnaissance des textes législatifs et des règles élémentaires de conduite par les usagers eux-mêmes ou par les responsables de certaines agences de transports terrestres. Qui, très souvent, s’emballent dans l’appât du gain plutôt que dans la sécurité des passagers ou des voyageurs.

Notamment, le manque d’application l’application de la Loi 3/71/PR/MTACT du 5 juin 1971 réglementant les transports publics routiers des voyageurs. Et l’Arrêté 000065/MT/MM/DT du 11 mai 1978.

Il convient en effet, de relever que ces pratiques se sont pérennisées et amplifier au fil du temps pour laisser s’installer une véritable “chienlit” dont le gouvernement est aujourd’hui confronté. Au point que malgré les multiples interpellations, certains récidivistes et contrevenants notoires, s’illustrent toujours dans un bras de fer avec les différentes administrations (Direction générale des transports terrestres, Centre national d’édition de documents de transports, Centre national de l’examen du permis de conduire) où ils bénéficient pourtant de passe-droits dans la délivrance complaisante de certains documents de transport, parfois à la barbe de l’Autorité ministérielle, et en complicité avec les différents syndicats de transporteurs terrestres.

Parmi ces documents, on cite : les Licences de transports, les Autorisations spéciales de circuler qui sont délivrées à certaines grosses multinationales pour le transport de grumes ou de marchandises diverses outrepassant les mesures de sécurité. Dont le motif prévalu est “la relance de l’économie” (?).

Munis de ces sésames, certains conducteurs de ces mastodontes sont libres de circuler à des heures exceptionnelles. Pas étonnant que l’on se retrouve avec de nombreux morts sur les routes gabonaises que l’on pourrait interpréter comme “les routes de la mort”.

Occasion de revenir sur ce partenariat, en veilleuse, entre l’État gabonais (Ministère des transports) et le Cabinet d’expertise ICS (Inspection consulting services) en vue de l’assainissement et la modernisation du secteur de transports au Gabon.

La mise en œuvre de ce partenariat avait soulevé un tollé général chez les responsables des syndicats de transporteurs terrestres qui entrevoyaient une volonté du gouvernement de mettre un terme au désordre instauré dans le secteur.

Le cabinet ICS avait pour mission de faire des métiers du transport des professions diplomates. La nationalisation du secteur. L’uniformisation des coûts de transport en zones urbaine, sub-urbaine et interurbaine.

Détenu à plus de 90 % de main-d’œuvre étrangère au Gabon, dont une grande majorité d’expatriés clandestins, il n’est pas étonnant que le racket devienne monnaie courante, le secteur du transport terrestre dans de nombreux pays africains est aux mains des nationaux pour des raisons évidentes de stratégie. Les rares étrangers que l’on y trouve sont assujettis d’une licence ou certificat d’emploi d’une durée légale d’un an renouvelable une fois, délivré par les services compétents.

La gravité de la situation meurtrière devenue des routes gabonaises est si préoccupante pour le Ministère des transports qui en a fait son cheval de bataille pour appliquer les lois. Des mesures drastiques en vue du renforcement du cadre législatif et réglementaire devraient être préconisées à l’encontre des contrevenants moraux et physiques. C’est un défi immense à relever pour les pouvoirs publics. 

 Thierry Mocktar

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