Gabon/Justice-Corruption : La chasse au trésor du clan Ali Bongo se poursuit

Selon une enquête publiée par le journal Jeune Afrique dans sa récente parution, la justice gabonaise serait toujours à la traque des avoirs de l’ex-famille présidentielle qui vit désormais en exil entre Paris et Londres.

Cela fait désormais trois ans que le pouvoir gabonais a changé de main. L’heure est donc à la traque du clan Ali Bongo, et elle est impitoyable. L’enjeu, selon l’hebdomadaire, est loin d’être négligeable. C’est l’ensemble de la fortune de l’ancien Président Ali Bongo, de son épouse Sylvia et de leurs trois fils (Nourredin, Bilal et Bilal) qui intéresse en premier chef la justice gabonaise. Avec dans le viseur, les comptes bancaires, les titres fonciers, les participations, les propriétés et les biens divers de l’ex famille présidentielle, tant au Gabon  qu’à l’étranger.

Selon l’Agence nationale des investigations financières (ANIF), une trentaine de sociétés seraient en cause avec un patrimoine d’actifs évalué à 3 milliards de dollars. Pour la justice gabonaise qui a condamné Sylvia et son fils Nourreddin à 20 ans de réclusion criminelle par contumace, tous ces avoirs relèvent des biens mal acquis. Des sociétés écrans, des prête-noms et des réseaux de blanchiment.

Autant d’accusations que Nourreddin Bongo Valentin, interrogé par Jeune Afrique, dément en bloc : « Nous n’avons jamais commis de crimes financiers », dit-il, ajoutant que « tout était déclaré dans le respect des règles en vigueur ».

À Libreville, la justice gabonaise s’est lancée dans la traque des avoirs de l’ex famille présidentielle au lendemain du coup de la libération du 30 août 2023. Mettant fin au règne d’Ali Bongo. Les investigations sont aujourd’hui menées par l’Agence nationale des investigations financières.

Une sorte de négociations ayant abouti à des accords ont été engagés par le Président angolais, Joao Lourenço avec les autorités gabonaises pour obtenir le départ en exil de l’ex-famille présidentielle qui devait céder à l’État gabonais une partie de leur bien. Mais le fait qu’une fois hors du Gabon, Sylvia et Nourreddin, ont porté plainte et parlé aux médias, cela a été considéré comme une rupture du contrat.

Résultats : tous les actifs immobiliers ainsi que les comptes bancaires d’Ali Bongo, de son épouse et de son fils ont été saisis et les fonds ont été transférés à la Caisse de dépôts et de consignation (CDC).

Trois propriétés sont revenues à une autre branche des descendants d’Omar Bongo Ondimba, d’autres sont aux mains de l’État.

À l’étranger, c’est beaucoup plus compliqué malgré les demandes d’aide et d’exécution de la justice gabonaise auprès de ses homologues française, britannique, suisse, monégasque, émirati et marocaine.

Il est à noter que Sylvia et Nourreddin vivent toujours à Londres où ils jouissent de trois résidences et de deux appartements. Quant à l’ancien président Ali Bongo, il réside, lui, en France, où il possède à Avenue Foche, quelques propriétés en attendant un titre de séjour longue  en Grande-Bretagne et la fin de cette chasse au trésor qui dure depuis trois ans.

Justin Anga Otounga

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