Depuis plusieurs mois, l’opinion publique gabonaise est en alerte dans l’attente de la réorganisation de l’appareil étatique du pays qui cristallise les débats dans certains milieux. Cette attention fait suite à la guerre d’influence qui semble perdurer dans les derniers cercles du pouvoir.
Parmi les postes les plus convoités, figure celui de Directeur de cabinet du président de la République, dont l’occupant actuel serait l’objet d’une intense cabale. C’est dire que la fonction suscite autant des ambitions.
En poste depuis l’avènement de la transition, fin stratège et discret, Arthur Lémami serait une des victimes collatérales du rejet de l’inclusion prônée par le chef de l’État.
Bénéficiant de l’entière confiance du président de la République, le Directeur du cabinet présidentiel, au fil du temps, s’est imposé comme un pilier du dispositif qui vise à transformer la vision du Président en acte concrets. Au regard de sa maîtrise des rouages administratifs de l’État, devenant ainsi un acteur incontournable de l’œuvre de construction nationale de Brice Clotaire Oligui Nguéma.
Derrière l’accalmie de façade, il se cache en réalité des ambitions démesurées. Dans le dos du chef de l’État, certains se font construire des images façonnées pour paraître crédibles au sein de la société et espèrent influencer les choix du président. D’autres misent sur des réseaux d’influence pour tisser des alliances contre nature. Enfin, il y a ceux qui œuvrent pour bénéficier de la légitimité politique.
La proximité légendaire dont bénéficie Arthur Lémami auprès d’Oligui Nguéma repose sur la confiance, la fidélité et la loyauté. Une confiance qui ne souffrirait pourtant pas d’ambiguïté, remettant ainsi en cause les raisons de l’acharnement dont il serait victime.
Des observateurs n’hésitent pas à qualifier cela de « gabonite ». Cette propension consiste à glisser des peaux de bananes sur le chemin de ceux qui consacrent leurs efforts au développement du pays.
Thierry Mocktar




