Plus de quinze ans après les premières plaintes, le clan Bongo – du nom de l’ancien président gabonais Omar Bongo Ondimba – pourrait être de nouveau traîné devant la justice française.
À l’initiative, toujours la même ONG : Transparency international. À la manœuvre : le Parquet national financier de Paris qui veut rouvrir le dossier. La question qui taraude est celle de savoir s’il s’agit réellement d’une lutte contre la corruption, ou d’un acharnement politique déguisé ?
L’histoire est connue. En 2007, Transparency international et Sherpa déposent plaintes contre Omar Bongo Ondimba, Denis Sassou Nguéssou et Teodoro Obiang Nguéma Mbasogo, les accusant de posséder en France, des « biens de luxe financés par l’argent public détourné. Après résultats d’enquête et rebondissements judiciaires pour manque de preuves matérielles suffisantes, l’affaire fait relâche.
Des proches du clan Bongo avaient déjà été entendus. La banque BNP Paribas, Sonia Roland, ancienne miss France, et d’autres personnalités de la sous-région sont également citées. Et pourtant, selon des sources concordantes des milieux judiciaires français, le clan Bongo avait été blanchi de plusieurs soupçons portant sur l’origine des fonds.
Voilà aujourd’hui, dix-huit ans de procédures que l’ONG cible les mêmes familles par des images diffusées en boucle. Le résultat : une présomption de culpabilité permanente. Même quand la justice ne suit pas. D’aucuns parlent « d’un acharnement qui ne dit pas son nom ». Un acharnement instrumentalisé, qui vise moins, les faits que les noms.
Dans ce dossier, on oublie un détail essentiel : plusieurs des personnes citées ont occupé et/ou occupent encore des responsabilités, des mandats qui leur permettent et/ou aurait permis d’acquérir des biens. Des revenus légaux, déclarés. Mais cela, Transparency l’évacue.
« Défendre les Bongos n’est pas d’ignorer la justice. C’est de dire à l’ONG Transparency international que cette justice doit être la même pour tous, en France aussi pour traquer les corrompus comme elle le fait en Afrique », a reconnu un acteur du droit français.
Le Gabon de la nouvelle République, sous Brice Clotaire Oligui Nguéma, a choisi de tourner la page, de juger au Gabon, par les gabonais, pour les faits commis au Gabon. Transparency international a le droit de saisir la justice. Mais la justice a aussi le devoir de dire quand ça suffit. Quand une procédure dure dix-huit ans et qu’elle vise toujours les mêmes, qu’elle se relance à chaque action, elle ne ressemble plus à une quête de vérité. Elle ressemble à une traque.
Les Bongos ont aussi droit à ce que la France cesse de servir de théâtre à un acharnement judiciaire à géométrie variable. L’heure n’est plus au règlement de comptes. L’heure est à la justice. La vraie !
Thierry Mocktar




