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mardi, 3 août 2021

Affaire Kélly Ondo Obiang : le militaire a-t-il réellement dit la vérité ?

Enquête et reportage. C’est la question essentielle que l’ensemble de l’opinion nationale gabonaise se pose après l’annonce du verdict qui condamne à 15 ans de réclusion criminelle, le lieutenant Kélly Ondo Obiang et ses coaccusés, dans l’affaire du 7 janvier 2019. Notamment celle de comprendre si les mis en cause n’ont pas voulu s’extraire des griffes de la justice à leurs trousses depuis ce jour fatidique.

En accusant un proche du chef de l’État, en l’occurrence, le Colonel Frédéric Bongo Ondimba – frère cadet du Président Ali Bongo Ondimba – Directeur général des services spéciaux au moment des faits, à vouloir fomenter un coup d’État, suite à l’AVC (Accident vasculaire cérébral) dont le chef de l’État a été victime à Ryad (Arabie saoudite), Kélly Ondo Obiang et ses hommes ont-ils réellement dit la vérité sur cette accusation ? Beaucoup pensent, en effet, que ce n’était en réalité qu’un superfluge magistralement mûri du fond des cellules de Gros-Bouquet (sans famille) pour espérer une clémence de la Cour Criminelle Spéciale, au cas où il préférerait des allégations mensongères sur un membre de la famille présidentielle que l’on dit pourtant très proche du chef de l’État.

Pourquoi avoir choisi la personne de Frédéric Bongo Ondimba ?  Et quels ont été ses complices ? Pourquoi ne lui ou les avoir pas simplement dénoncé comme le requiert l’éthique militaire ?… Autant  de questions que Kelly Ondo Obiang aurait dû éclairer la justice. Une parodie d’accusation montée évidemment de toute pièce de bric et brocs, et ressemble à cette sagesse nordique du “cafard qui sentant sa mort venir se dirige droit vers le poulailler où il espère trouver refuge”.

Mais au regard du verdict prononcé lors du procès on est à même de dire que Kélly Ondo Obiang et ses coaccusés n’ont pas eu besoin pour se parer de ces allégations. Compte tenu de la condamnation, quelque peu favorable, que leur a accordée la justice. Alors que la peine encourue aurait pu être plus lourde. Dans la mesure où Kélly Ondo Obiang déclare devant la Cour avoir agi sur “une initiative personnelle. Et que s’il était question de recommencer il le ferait”.

Une insubordination militaire, qui a pourtant ce devoir et l’honneur dans ses missions régaliennes, du respect, de la fidélité et de la loyauté à l’égard des institutions de la République, dont le chef de l’État. Si aux dires de Kélly Ondo Obiang, le Directeur général des services spéciaux avait réellement l’intention de prendre le pouvoir, comment se fait-il alors que l’ordre ait été donné par le Dgss de “torturer” le commando” hybride de la Maison Georges Rawiri ? « Parle tu seras entendu, marche tu seras suivi, la précipitation te conduira à la perte, la sagesse te mènera à la consécration », rappel cette sagesse altogovéenne. Malheureusement, Kélly Ondo Obiang et ses coaccusés ont en réalité suivi leur destin.

Aujourd’hui, ils ne devraient logiquement s’en prendre qu’à leur forfaiture pour avoir voulu marquer le Panthéon de l’histoire politico-militaire du Gabon.

Thierry Mocktar                 

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