Si les profanes ou tenants des savoirs traditionnels liés aux rites traditionnels Vodun (Vodu) se sont souvent revendiqués détenir le quitus de vie ou de mort des tiers à travers le continent, le Comité des Rites Vodun du Bénin, dans un communiqué diffusé hier, vendredi 12 septembre 2025, met en garde contre les dérives liées à cette tradition.
« Il nous a été donné de constater, avec une grande amertume, sur les réseaux sociaux notamment, que certains individus, sans foi ni loi, se livrent à des propos ou des publications sacrilèges et hérétiques à l’encontre de la religion Vodun et de ses dignitaires », dénonce le Professeur Mahougnon Kakpo, président du Comité des Rites Vodun du Bénin dans un communiqué.
Poursuivant son propos, le Président rappelle : « ces agissements impies portent gravement atteinte à l’image, à la sacralité et la dignité de notre patrimoine commun ». En représailles, le Président interdit formellement toute publication ou tout propos à caractère profanatoire, impie ou hérétique contre le Vodun et ses expressions culturelles et averti solennellement les auteurs de tels actes sacrilèges que des dispositions sont désormais prises, aussi bien sur le plan traditionnel que judiciaire, pour les sanctionner conformément aux usages et aux lois en vigueur au Bénin.
Cette sortie, s’il faut dresser le parallèle et le timing, intervient quelques semaines seulement après la valse médiatique suite au conflit ayant éclaté entre le Gabon et le Bénin, à propos de l’occupation des places dans un marché de Lambaréné et les mesures protectionnistes annoncées par le Gouvernement qui ont suivi ce conflit. Si d’aucun, au Bénin notamment, ont suivi les canaux normaux pour critiquer les mesures prises par les autorités gabonaises, d’autres par contre ont proféré, sous le sceau de la détention d’un savoir traditionnel puissant hérité du Vodu, des menaces à l’endroit du peuple gabonais. Cet enchaînement délibéré qui, de fil en aiguille, a conduit à ternir l’image du vodu, n’est cependant pas nouveau. Des ressortissants béninois, détenteurs supposés des savoirs vodu s’enorgueillissent ici et là, pour menacer quiconque se heurte à eux. La rythmique est bien connue à travers l’Afrique et le Gabon n’est pas un cas d’école.
Entre menaces sur fond de connaissances des pratiques vodu, arnaque au portefeuille magique, fausse protection et guérison, la sortie du Comité Vodun du Bénin était nécessaire pour rétablir l’intégrité de cette tradition héritée des ancêtres africains. La question de fond qui demeure est celle de savoir si des comités représentatifs ne sont pas nécessaires pour réprimer les ressortissants béninois qui se livrent à des « sacrilèges » hors de la République du Bénin.
Flaury Moukala




