Pour apaiser les tensions et mieux comprendre le fond du problème qui a récemment secoué la relation diplomatique entre les peuples frères du Gabon et du bénin, Michel Régis Onanga Ndiaye, le ministre gabonais des Affaires Étrangères, alors à Yokohama dans le cadre de la Ticad 9, s’est entretenu avec Mariam Chabi Talata Zimé Yerima, Vice-présidente du Bénin. Si la Vice-présidente a plaidé pour un retour au calme, à Libreville cet appel ne fait pas l’unanimité.
Le filament qui maintenait la relation diplomatique entre le Gabon et le Bénin vient d’être détruit ! En cause, les critiques acerbes et menaces dont a essuyé le Gabon à la suite des deux événements majeurs. D’une part, la sortie de l’activiste « Tata Bertille » qui critiquait à Lambaréné, la marginalisation des femmes commerçantes gabonaises dans un marché local au détriment des femmes étrangers et le lendemain, la prise par le Gouvernement, d’une mesure interdisant sous condition, l’exercice des petites activités aux commerçants étrangers.
Suite à cela, le Gouvernement béninois, via un communiqué, s’était empressé de voir dans quelle mesure créer un couloir de rapatriement de ses ressortissants. Il n’en est pas fallu beaucoup pour qu’un conflit virtuel, dans lequel se sont mêlées plusieurs communautés, notamment camerounaises, naisse entre le Gabon et le Bénin.
Tous deux présents au Japon dans le cadre de la Ticad 9, le ministre gabonais des Affaires Étrangères et la Vice-présidente du Bénin ont échangé sur cette polémique. Les dirigeants ont plaidé pour la stabilité des relations et le dialogue, afin de dissiper les tensions. La dirigeante béninoise a rappelé l’excellence des relations diplomatique entre les deux pays et la cohabitation pacifique qui lie depuis longtemps les deux peuple, plaidant pour un retour au calme et annonçant l’arrivée prochaine, au Gabon, d’une délégation de haut niveau chargée de sensibiliser ses compatriotes installés dans le chef-lieu de la province du Moyen-Ogooué.
Au Gabon, la position du Bénin est diversement appréciée, entre ceux qui saluent cette hauteur diplomatique et ceux qui adressent une fin de non-recevoir, à considérer le peuple béninois comme un « peuple frère et ami ». Les citoyens gabonais disent avoir été « humiliés » par un peuple qu’il a tendu la main au moment où celui-ci avait besoin du Gabon. Un sentiment qui s’expliquerait par le nombre de ressortissants béninois que le Gabon héberge sur son sol comparativement au Bénin.
Dans cette tension inachevée, une chose est certaine, la relation gabono-béninoise ne sera plus comme avant.
Le Fils du Bled




