Lors d’une récente rencontre stratégique à Libreville avec le Patronat français, à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron au Gabon, le Président de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG) a fortement marqué les esprits lors de sa prise de parole.
Dans un discours franc, engagé et direct qui ne s’est pas limité à un simple appel à l’investissement ni aux affaires, le patron des entreprises gabonaises a également lancé un puissant message politique à l’endroit de ses hôtes. Le Gabon ne désire plus être un témoin passif de sa propre trajectoire industrielle, il aspire à devenir un acteur principal, le pilote engagé et actif de cette trajectoire.
Cette rencontre très attendue qui a regroupé plus d’une soixantaine d’entreprises, a été l’occasion pour Alain Claude Kouakoua d’énoncer, avec beaucoup de convictions et sans complaisance, la fin de vaines promesses.
« Le Gabon aspire bâtir un avenir en se dotant d’industries locales florissantes. Un avenir de compétences pertinentes. Générer des emplois durables et significatifs, plutôt que de se voir imposer des catalogues archaïques de solutions importées qui continuent à nourrir une dépendance économique insupportable et périlleuse pour son développement », s’est exprimé Alain Claude Kouakoua.
Le message délivré aux représentants du Patronat français a été particulièrement audacieux et provoquant, car Libreville ressent une profonde frustration d’avoir été trop souvent réduit au rang de simple marché captif pour les produits étrangers. Les ambitions gabonaises se manifestent tout particulièrement en ce qui concerne les projets d’infrastructures ainsi que la transformation dans les secteurs d’activités mines et forêts.
Alain Claude Kouakoua a rappelé dans son discours, une prise de conscience collective sur les incohérences troublantes qui traversent les discours des partenaires français. Comment peut-on prétendre vouloir établir un partenariat « gagnant-gagnant » tout en continuant à favoriser l’importation de l’essentiel de la valeur ajoutée depuis l’extérieur ?, s’est-il interrogé.
Un message retentissant et sans ambiguïté. Le Gabon n’est plus disposé à se contenter de bonnes intentions qui, par le passé, ‘n’ont pas été suivies d’actes concrets.
Thierry Mocktar




