Invité de la chaîne de télévision française TV5 Monde, Alain-Claude Bilié-By-Nze a émis une critique sur la dette publique gabonaise qui dépasserait, selon lui, le seuil de convergence de la sous-région, arguant par la même occasion que durant leur gouvernance, la dette publique était à un plafond de 56% du PIB. Ce regard est une contre vérité qui occulte la réalité concernant les chiffres de la dette à la période de 2023 durant laquelle il était Premier ministre.

« Lorsque j’étais Premier ministre la dette était à 56% », a fait savoir Alain-Claude Bilié-By-Nze sur le plateau de TV5 Monde. Cette affirmation est totalement fausse, eu égard aux archives de la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et même la direction générale de la dette, pour ne citer que ces trois entités. A cette période, c’est-à-dire en 2023, la dette publique gabonaise plafonnait exactement à 70% du PIB.
La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) alertaient déjà, à l’époque, sur le risque que représentait ce plafond, eu égard aux critères de convergence de la sous-région et à l’instabilité de l’économie gabonaise. Il faut dire que depuis 2014, suite à la crise du secteur pétrolier, la dette publique gabonaise n’a cessé d’augmenter, consécutivement à la chute du prix du baril de pétrole, la crise de la Covid-19, le conflit Russo-Ukrainien, aux problèmes de gouvernance et aux difficultés de trésorerie de l’Etat.
« Pour ce qui est de la couverture des risques, le portefeuille de la dette publique est modérément exposé au risque de taux de change en raison de la part de la dette à change variable qui représente 38.4% de la dette totale », alertait pour sa part la direction générale de la dette dans un document de compte de l’exercice 2022.
S’il est vrai qu’entre septembre 2023 et aujourd’hui, la situation de la dette a sensiblement changé, pour être au rouge, de quel 56% parle l’ancien Premier ministre ? S’il est tout aussi vrai que l’équipe dirigeante actuelle a une part de responsabilité dans l’accentuation de l’endettement du pays, la dette locale était déjà à risque en 2023 et même avant cette année. Le seuil global et soutenable de 45% a été largement dépassé depuis environ 10 ans, mettant le pays dans une zone à risque. Une situation, selon la Banque mondiale, accentuée par les déficits budgétaires malgré la hausse des recettes fiscales.
Seul mérite du discours d’Alain-Claude Bilié-By-Nze est sa capacité à dire à la gouvernance de Brice Clotaire Oligui Nguema de faire attention, de prioriser les projets porteurs et capables de redresser l’économie et de permettre les entrées de devises. Car de son temps avec Ali Bongo Ondimba, ils n’en ont pas fait mieux.
Le Fils du Bled




