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vendredi, 23 janvier 2026

Le VIH/Sida en Afrique, entre test et compte à rebours

« Mettre fin au VIH n’est plus un défi scientifique. C’est un choix moral et le monde dispose de cinq années pour le faire », préviennent Dr Christian Rusangwa, directeur de l’Assistance Technique à Muso et Josiane Adja N’Koh Kouame, Présidente de l’ONG GNOUWIETA. Dans le continent, environ 25 millions de personnes vivent avec le virus (2023), soit près des deux tiers des cas mondiaux. Face au fléau, estiment-ils, la science et la lutte contre les inégalités pourraient offrir une planche de salut aux personnes infectées !

Plus de 40 ans après sa découverte, le VIH/Sida continue de faire de ravage. Le continent africain, face au chaos de ses problèmes structurels et financiers notamment le manque d’avancées scientifiques, de structures de base, subit de plein fouet cette maladie. Environ 25 millions de personnes vivent avec le virus (2023) dans le continent, soit près des deux tiers des cas mondiaux. Face à cette hécatombe, Dr Christian Rusangwa, directeur de l’Assistance Technique à Muso & Josiane Adja N’Koh Kouame, Présidente de l’ONG GNOUWIETA tire la sonnette d’alarme. « Derrière chaque statistique se cache une vie qui aurait pu être sauvée, une famille qui aurait pu rester soudée, un avenir qui aurait pu être préservé », fustigent-t-ils le manque d’action et de réaction.

D’un doigt accusateur, ils pointent le laisser-faire et laisser-aller de la science dans la quête des solutions pour débarrasser l’humanité de l’épidémie. « Ce qui manque, c’est le courage d’affronter les inégalités qui maintiennent l’épidémie en vie », expliquent-ils. Assez avancé contrairement à il y a 30, 40 ou 50 ans, la science manque cepenant de faire valoir ses compétences, en dépit des outils dont elle dispose. « L’histoire ne retiendra à quel point nos technologies étaient avancées. Elle retiendra si nous avons choisi de les rendre accessibles à tous », ajoutent-ils.

Face à l’immobilisme, le chaos se propage en dépit de portraits positifs avancés ici et là. « En Afrique subsaharienne, les adolescentes et jeunes femmes représentent plus de 60 % des nouvelles infections. En Europe de l’Est et en Asie centrale, les nouvelles infections augmentent, non pas pour des raisons biologiques, mais à cause de lois punitives et de la criminalisation des personnes utilisatrices de drogues. Même les pays riches échouent à protéger les communautés noires, migrantes, LGBTQI+ et racisées. Ces disparités ne sont pas accidentelles. Elles résultent de choix politiques, de normes sociales et d’un sous-financement des acteurs qui connaissent le mieux leurs communautés ».

L’immobilisme, ponctué par l’insuffisance de financement, la marginalisation des peuples tiers et la fragilité du progrès font le lit de nouvelles infections. « Au plus fort de l’épidémie, l’accès au traitement était un privilège réservé à quelques-uns. Aujourd’hui, plus de 30 millions de personnes reçoivent un traitement antirétroviral. Les décès liés au sida ont diminué de 70 %. Les nouveaux outils de prévention autotest, PrEP injectable, traitements à longue durée redéfinissent l’autonomie et le choix. Mais face au recul de l’attention politique et à la stagnation des financements, ces avancées durement acquises sont désormais menacées», constatent-t-ils avec amertume.

D’après les statistiques, en 2023 seulement, 1,3 million de personnes ont été nouvellement infectées et 630 000 sont mortes de causes liées au sida. Parallèlement, les financements mondiaux diminuent, et les inégalités observées pendant la COVID-19 réapparaissent. « Le dernier kilomètre dépend du courage, pas de la technologie ». Et pour cause : mettre fin au VIH exige plus que des outils nouveaux. Cela exige de mettre fin aux injustices qui rendent certains plus vulnérables que d’autres.

« Nous avons besoin de gouvernements prêts à abroger les lois discriminatoires qui poussent les populations à se cacher et vivre dans la clandestinité. Nous avons besoin de sociétés prêtes à combattre la stigmatisation qui empêche encore tant de personnes de chercher et demander des soins ».

Pour les deux spécialistes, soutenir la fin du VIH dépend de trois changements fondamentaux : (1)un financement domestique renforcé, (2)l’activation de partenariats locaux, notamment avec le secteur privé et (3)une redevabilité accrue des institutions multilatérales, et une centralité du leadership des pays à forte charge.

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