À peine ouvert, hier, lundi 10 novembre 2025 au Tribunal de première instance de Libreville, le procès de la Young Team qui devait servir d’exemple aux crimes économiques contre le Gabon, suscite déjà ses premières controverses. Des signes de fébrilité qui supputent à un procès étriqué, alors que les gabonais s’attendent à des rebondissements dans l’affaire tonitruante opposant la nébuleuse « Young Team » piloté à l’époque par Sylvia Bongo Valentin et son fils Noureddin Bongo Valentin à l’État gabonais.
Si bien avant l’ouverture du procès, l’ancienne Première Dame et son fils ont décliné ne pas se présenter devant la justice gabonaise le jour de leur procès suite à leur arrestation au lendemain du Coup de la libération du « 30 août 2023 », car selon leurs dires, ils ne se rapprochant de rien (?). Les interrogations des observateurs portent désormais plus davantage sur le cas Mohamed Ali Saliou Occéni, fils de l’inamovible Président du conseil supérieur des du Gabon sous les quatorze années de règne d’Ali Bongo. Qui, également, ne s’est pas présenté à la barre.
Exfiltration ? Simple refus ou délit de fuite ? Rien n’a filtré de son absence. Même si dans les coulisses, l’on a évoqué des raisons de santé (?). Au moment des faits, le concerné occupait la prestigieuse fonction de Directeur de cabinet adjoint chargé des finances à la présidence de la République. Une fonction qui lui aurait ouvert les portes d’un immense empire immobilier et financier, tant au Gabon qu’à travers les paradis fiscaux, bénéficiant de la double nationalité benino-gabonaise.
Sous l’influence de son mentor d’alors, Maixant Accrombessi, il aurait, indiquent certaines sources, été à la manœuvre en faisant accorder à plusieurs expatriés notamment de son pays d’origine le Bénin, la nationalité gabonaise.
Le parquet de Libreville sur la question de cette absence serait resté étonnement silencieux, alors même que les autres coaccusés étaient bien présents à l’audience d’ouverture de la session.
La « Young Team » – du nom de la nébuleuse incarnée par Sylvia Bongo Valentin, Noureddin Bongo Valentin, Yan Ghislain Ngoulou et Mohamed Ali Saliou Occéni – aurait durant l’incapacité « temporaire » de gouvernance du pays, de 2018 à 2023, d’Ali Bongo, siphonnée dans les caisses de l’État plusieurs centaines de milliards de francs CFA et biens sociaux.
Lors de leur interpellation, des dizaines de milliards de francs CFA et produits illicites ont été trouvés dans certaines résidences appartenant au quatuor et à leurs complices dans la Commune d’Akanda, au nord de Libreville.
Selon des sources judiciaires, les mis en cause risquent des peines maximales allant jusqu’à la perpétuité.
Thierry Mocktar




