Suite à la paralysie survenue dans le secteur de l’éducation nationale depuis le 5 janvier 2026, 2 938 mises en solde et présalaires, et 4 000 régularisations administratives ont été commis par la Commission tripartite Éducation–Budget–Fonction publique. Cette diligence, soit-elle salutaire, révèle cependant le manque de planification, d’efficacité et d’anticipation du ministère de l’Education nationale face à des réalités qui sont connues au Gabon.
Au total, ce sont 3000 enseignants qui sortiront de cette grève avec le sourire aux lèvres. Alors que nombre d’entre eux cumulaient des années de services sans solde et présalaire, la grève déclenchée par SOS Éducation a poussé le gouvernement à se pencher sur ces cas pourtant connu de l’administration publique.
Les enseignants devront cependant encore attendre un peu, car «ces mesures entreront en vigueur progressivement à compter de février 2026 et seront étendues à l’ensemble des agents publics de l’État, notamment au personnel du secteur de la santé, conformément aux très hautes instructions du président de la République».
Du côté du gouvernement, on regarde désormais vers les enseignants grévistes, afin que le mouvement soit levé et que les cours reprennent le plus vite. En effet, cela fait aujourd’hui deux semaines que les cours dans les établissements d’enseignements publics sont paralysés. Les enseignants revendiquent et dénoncent notamment la régularisation des situations administratives irrégulières, la précarité des conditions de vie et de travail des enseignants, les retards de solde, l’absence de perspectives claires pour de nombreux enseignants.
Si les efforts du gouvernement sont reconnus par les grévistes, pour ces derniers, ces promesses ne doivent pas être de « façade », exigeant un cadre formel, des engagements écrits et un calendrier précis.
Ce type de crise qui n’avait plus fait écho depuis quelques années dans le secteur de l’éducation nationale, interroge sur la diligence du ministère de l’Éducation nationale à être au fait des préoccupations les plus urgentes du secteur. Et pour cause, les questions des régularisations des situations administratives et de mise en solde sont connues de l’administration. Et pourtant, en dépit de cette connaissance, ces questions n’ont plus fait l’attention du ministère depuis le coup d’Etat de 2023. Comment dans ce cas précis avoir un système éducatif performant lorsque les ouvriers de ce système sont marginalisés, laissés pour compte et vivent dans la précarité ?
Flaury Moukala




