Bras séculier de l’État dans la mobilisation des recettes et la consolidation du Produit intérieur brut (PIB) du pays, l’administration douanière gabonaise a, dernièrement, connu une transmutation statutaire qui se traduit par un nouveau statut de composante des forces de sécurité, et directement rattaché au Président de la République.
En effet, l’ordonnance prise par le gouvernement gabonais, il y a quelques jours, a officiellement acté cette décision de mutation de la Douane en corps paramilitaire, avec l’objectif de renforcer la discipline, et la protection sociale des douaniers gabonais.
Si l’objectif de cette réforme vise un meilleur renforcement dans la lutte contre les fraudes, la contrebande et les trafics, elle permettra également à la Douane gabonaise de se doter des moyens plus accru dans le déploiement de ses missions.
Malgré ces insuffisances, la Douane gabonaise, ces derniers temps, a procédé au déménagement de plusieurs réseaux de contrebandiers et de narcotrafiquants.
Cette réforme soulève cependant moult interrogations. Y’aurait-il un risque réel de concentration de pouvoir ? Comment le ministère de l’Economie va piloter la politique économique s’il ne dispose pas du levier des recettes de l’État ? Surtout, quand on sait que la proximité de certains services avec le palais présidentiel échappe parfois aux contrôles habituels.
Thierry Mocktar




