Dépeinte comme nébuleuse d’un vaste réseau tentaculaire de détournement de fonds publics au regard des preuves accablantes et témoignages accusateurs, la Young Team pilotée par Sylvia Bongo Valentin – alors Première Dame – et Nourreddin Bongo Valentin avec pour chefs d’orchestre Ian Ghislain Ngoulou et Mohamed Ali Saliou Occéni, est aujourd’hui définie comme un système de prédation des finances publiques mis en place autour d’Ali Bongo, alors chef de l’État.
De 2019 à 2023, mettant à profit l’indisponibilité temporaire du Président de la République dans l’exercice de ses charges à la tête de l’État suite à un état de santé précaire, le système aurait ponctionné dans les caisses de l’État plusieurs milliards de francs CFA. L’étendue du désastre financier serait aujourd’hui estimée à près de 5000 milliards de francs CFA. Une spoliation qui aurait également consisté à la nomination controversée de personnes sans référence ni compétence à des pistes clés et stratégiques de la haute administration financière du pays. Une stratégie visant à faciliter à leur profit le décaissement des fonds publics. Ou encore pour accorder des abattements fiscaux injustifiés à des entreprises dans en avoir la compétence de le faire.
Des mécanismes basilics ou classiques de corruption qui ont permis à leurs auteurs de « touché » des bonus induits de plusieurs centaines de millions de francs CFA. C’est le cas notamment d’Assala ou encore de Gabon Telecom. Dont l’une des transactions aurait bonifié l’ancien Directeur général des impôts, Gabin Otha Ndoumba, la bagatelle somme de 300 millions de francs CFA.
Au regard des chefs d’accusation, de la comparution des accusés visiblement aux abois et des réponses incohérentes devant les juges, les gabonais ont le sentiment que la Young Team, 2019 à 2023, a été un véritable pouvoir parallèle à celui d’Ali Bongo reconnu pourtant par la constitution du pays.
Thierry Mocktar




