La Conférence des Nations unies sur le climat (COP 30) s’est ouverte ce lundi 10 novembre 2025 à Belém, au Brésil, à la lisière de l’Amazonie, symbole mondial de la biodiversité. Pour le Gabon, acteur majeur de la conservation forestière en Afrique centrale, cette rencontre revêt un enjeu particulier : faire entendre la voix des pays qui protègent encore massivement leurs forêts, au prix d’importants sacrifices économiques.
Le 6 novembre dernier, lors du Sommet des Leaders, le ministre de l’Environnement, de l’Écologie et du Climat, Mays Mouissi, a pris la parole au nom du président Brice Clotaire Oligui Nguema pour réaffirmer l’engagement du Gabon envers la préservation des forêts tropicales. Un message fort, alors que le pays, recouvert à près de 88 % par la forêt, demeure l’un des rares au monde à maintenir un bilan carbone positif.
Le Bassin du Congo, un bien commun mondial
Dans sa déclaration, le Gabon a rappelé l’importance de reconnaître le Bassin du Congo comme un bien public mondial. Deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie, cette vaste étendue forestière absorbe chaque année des milliards de tonnes de dioxyde de carbone et abrite une biodiversité unique. Mais face à la déforestation, à l’exploitation non durable et aux pressions économiques, sa préservation devient un défi commun. « Il est temps que les efforts de conservation soient justement valorisés et que les pays qui protègent reçoivent une compensation équitable », a martelé le ministre Mouissi.
Vers une gouvernance climatique plus équitable
L’une des principales revendications du Gabon à la COP 30 est celle d’une gouvernance climatique mondiale plus juste. Le pays plaide pour un modèle de financement proportionnel aux efforts réels de conservation, afin que les nations qui préservent leurs écosystèmes ne soient pas pénalisées face à celles qui détruisent pour se développer. Ce plaidoyer rejoint celui de nombreux États du Sud, qui estiment que la transition écologique mondiale ne peut se faire sans justice climatique et solidarité internationale.
Un modèle africain de développement durable
Depuis plusieurs années, le Gabon s’efforce de concilier protection environnementale et développement économique. La mise en place d’un marché carbone national, la gestion durable des forêts, et la promotion des énergies vertes témoignent d’une volonté d’innover dans la durabilité. Cependant, pour maintenir cette trajectoire exemplaire, le pays a besoin de soutien financier et technologique, notamment pour renforcer la surveillance des forêts, encourager la reforestation communautaire et valoriser les ressources naturelles sans les épuiser.
Le signal de Belém
La COP 30 à Belém, au cœur de l’Amazonie, porte une symbolique forte, celle d’un appel à la convergence entre les grands bassins forestiers du monde. Pour le Gabon, cette conférence est une occasion stratégique de renforcer la coopération Sud-Sud, d’unir les voix du Bassin du Congo, de l’Amazonie et de l’Asie du Sud-Est autour d’un nouveau pacte pour les forêts tropicales.
Michael Mengoue




