Selon l’autopsie faite par Philippe Tounangoye, ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, plus de 4047 branchements directs sont officiellement recensés au Gabon. Avec des pertes estimées de 3 à 5 milliards de francs CFA sur les cinq dernières années, ces branchements constituent un manque à gagner pour la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG).
Au Gabon, la problématique de l’accès à l’eau et l’électricité met en lumière les problèmes structurels et surtout comptables, qui secouent la SEEG. Si les responsabilités sont clairement établies, les autorités elles, s’illustrent par une fuite en avant sur certains dossiers. C’est le cas de la responsabilité de certains corps de l’armée tel que les Sapeurs-pompiers et la Garde-Républicaine (GR) qui a été présenté par le Ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, lors d’une récente communication, comme l’une des causes au problème de la SEEG.
Problème : cette communication fait débat, quand on sait que de par le monde, les infrastructures militaires et sécuritaires appartiennent au patrimoine de l’État. Il en va de même de leurs charges de fonctionnement. Les postes de dépenses eau et électricité ne font pas exception, puisqu’étant directement pris en charge par le budget public.
Imputer à ces entités la responsabilité des branchements directs dits « frauduleux » aux réseaux de la SEEG, c’est opérer une confusion de forme et départir la responsabilité des gestionnaires du patrimoine de l’Etat dans les impayés revendiqués par Dame SEEG. Et pour cause, entre l’armée et l’Etat, le mariage est traditionnellement connu.
Dans ce contexte, les arriérés ou retards de paiement des consommations à la SEEG relèvent généralement de procédures budgétaires internes à l’État, et non d’un défaut de paiement imputable directement aux forces de défense et de sécurité.




