Ministre de l’Economie numérique, Mark Alexandre Doumba est actuellement accusé de conflit d’Intérêt dans l’affaire opposant les caisses de sécurité sociale gabonaise (CNSS et CNAMGS) à la société CLIKAFRIK. Au compteur du différend, la somme de 3,2 milliards de francs CFA. Un montant jugé « surfacturé » que Mark Alexandre Doumba veut à tout prix faire passer. L’affaire a éclaté, soulevant une nouvelle fois des interrogations sur la moralité de la vie publique dans un pays où les tensions financières persistent.
A l’analyse juridique, CLIKAFRIK n’était pas le candidat le mieux placé pour détrôner le contrat de prestation avec la CNSS et CNAMGS. Sa facture de 3,2 milliards de francs CFA, est largement au-dessus de 800 millions de francs CFA proposé par un concurrent pour les mêmes services.
Selon certaines indiscrétions, le ministre de l’Économie Numérique aurait fait pression en imposant CLIKAFRIK. Une note interne de la Direction Générale de la CNSS révèle en effet que ce marché a été octroyé à la société CLIKAFRIK dans des conditions jugées « opaques ». De plus, apprend-on, l’octroi de ce marché n’a respecté aucune procédure du Code des Marchés Publics : absence de mise en concurrence, absence de formalisation des besoins et absence de cahier des charges.
Autre problème, ce service est inefficace. Ainsi, en dépit des alertes sur l’inopérance technique de la plateforme CLIKAFRIK — dont le taux d’exécution réelle n’était que de 8% en 2024, Mark Alexandre Doumba en personne serait intervenu pour imposer cette solution.
Lors d’une réunion au ministère, apprend-on, il aurait été ordonné : (1)l’arrêt immédiat des projets internes développés par les équipes de la CNSS et de la CNAMGS, (2)le retrait des portails actuels, pourtant plébiscités par les employeurs, au profit de CLIKAFRIK, (3)la substitution forcée des outils existants sous un délai de 4 mois.
De son côté, le Directeur Général de la CNSS, le Dr Olivier Rebienot Pellegrin, a formellement alerté le Conseil d’Administration sur les dangers que représente ce marché. Entre autres risque : (1)surfacturation flagrante au préjudice des caisses sociales, (2)déploiement d’une plateforme non conforme aux exigences techniques et (3)atteinte à la souveraineté des données des assurés gabonais.
Cette affaire qui fait bruit depuis quelques jours, relance le débat sur la moralisation de la vie publique au Gabon où, les malversations financières, corruption, détournements, conflits d’intérêt de la part de ceux qui sont censés incarner la droiture se multiplient sans sanctions ni procès. Plus grave encore, cette affaire intervient moins de trois mois après l’affaire Pascal Ogowe Siffon, le tout puissant ministre du Tourisme jeté en prison pour détournement. C’est à croire que cette histoire n’a pas interpellé ses anciens collègues du gouvernement qui continuent de s’adonner aux détournements, au détriment de la mission pour laquelle ils ont été nommés.
Les plus hautes autorités, notamment le Vice-président du Gouvernement et le Président de la République doivent impérativement se saisir de ce dossier, mettre les responsables de ce vol programmé contre l’Etat face à leurs responsabilités et rappeler avec rigueur, le rôle des dirigeants dans la transparence de l’action publique.
Le Fils du Bled




