Si l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, incarne le renouveau politique après des décennies de suprématie du Parti démocratique gabonais (PDG), le modèle de gestion de ses instances dirigeantes fait l’objet des vives critiques.
« Si vous n’avez pas d’argent ne faites pas la politique » formulait il y a quelques années, à l’occasion d’une élection législative, un homme politique très influent de la province de la Ngounié. Cette pensée, confortée par de nombreux acteurs politiques de part et d’autres à travers le pays, met en exergue le rôle central joué par l’argent dans la conduite de la chose politique au Gabon. La période actuelle n’est pas un cas d’exception. Au fil des années, le PDG, ancien parti au pouvoir, a su s’imposer, parce qu’il avait compris la nécessité qu’il y a à « entretenir » les bases et les équipes.
Nouveau-né de l’arène politique gabonais et épris de renouveau dans un pays où les mentalités sont encore figées dans le temps, l’UDB du président de la République incarne à lui seul, une transition politique qui se veut régénératrice. Raison pour laquelle, la destinée du parti est en grande majorité conduite par des acteurs politiques plus ou moins neutres, nouveaux et jeunes à la fois. C’est le cas d’ailleurs du Secrétaire général, Mays Mouissi, l’un des hommes forts du parti, choisi par Brice Clotaire Oligui Nguema pour imprimer la direction politique de l’UDB.
A la différence du PDG, l’UDB semble vouloir construire son avenir sur la force de l’engagement individuel et l’ora politique de son président fondateur, Brice Clotaire Oligui Nguema, au détriment des intérêts. Cette stratégie est un pari risqué, à la fois pour les candidats aux législatives et locales, que pour l’avenir politique de l’UDB qui veut s’imposer comme la première force politique du pays en lieu et place du PDG. Au sein du parti, apprend-on, l’argent a du mal à circuler et les futurs candidats doivent consentir à des efforts personnels. C’est le triste constat qu’ont fait de nombreuses personnes à la suite de la récente tournée interprovinciale qui visait à présenter les candidats de l’UDB aux élections législatives et locales, et installer les structures de base afin de renforcer son ancrage du parti.
De nombreux hommes de main et collaborateurs des leaders du parti sont sortis de cette virée politique dépourvue après une semaine à sillonner plusieurs provinces du pays, laissant pour beaucoup famille. Si d’aucuns justifient ce traitement par la non harmonisation des choses au sein du parti, d’autres pointent du doigt le modèle de gestion dans lequel la thésaurisation préfigure. D’ailleurs, selon l’anecdote d’un sympathisant rencontré par hasard au cours d’une conversation, un notable du parti aurait fustigé, au cours de cette tournée, ce mode de gestion, mentionnant qu’ « en politique on lâche ». C’est à croire que le parti navigue dans un océan politique inconnu, balayant les exigences de la politique à la gabonaise. Cette posture n’est pas de nature à profiter au parti, encore moins à son président fondateur, Brice Clotaire Oligui Nguema. Et ce n’est pas à tort que Nicolas Machiavel, dont Brice Clotaire Oligui Nguema est un fervent passionné des écrits, disait : « pour bien connaître la nature du peuple, il faut être prince, et pour bien connaître celle des princes, il faut être du peuple ».
Le Fils du Bled




