Selon des informations parues dans le quotidien économique de la zone Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) dans sa publication en date du 21 novembre 2025, et dénoncées par l’influence Naziha Bingouré, une somme de 466,063 milliards de francs CFA issue des emprunts obligataires négociés prélevés, entre 2021 et 2023, par un « arrangeur » camerounais pour le compte de l’État gabonais reste introuvable dans les caisses du trésor public.
Cette disparition fait l’objet d’un scandale financier d’une extrême ampleur qui secoue actuellement les arcanes de la République et met en lumière, une fois de plus, la défaillance du système d’emprunt obligataire gabonais. Et pour cause, les révélations de l’influenceuse, choquantes et troublantes, révèlent des inquiétudes pour la démocratie gabonaise.
En effet, sur une somme totale de 648, 800 milliards de francs CFA prélevée par le camerounais, seulement 182, 737 milliards de francs CFA ont été reversés dans les caisses du trésor public. Qu’en est-il du reste sans que personne ne s’émeuve, s’interroge l’influenceuse. « L’arrangeur » camerounais devrait, pour la lumière des faits, rendre compte au peuple gabonais. Alors que le récent procès de la Young Team a révélé à l’opinion publique gabonaise la prédation à vaste échelle des fonds publics.
Cette affaire révèle également une vérité simple : si chaque maillon de l’administration avait simplement appliqué les procédures au lieu de les personnaliser, si l’Assemblée nationale, la Cour des comptes ainsi que le Comité de trésorerie avaient assumé pleinement leur rôle de contrôle, si chaque agent public avait fait son travail avec rigueur et indépendance, cette tragédie financière aurait sans doute pu être évitée.
Pour Naziha Bingouré « la Ve République qui s’ouvre à nous, mon vœu est que chaque agent public, quel que soit son rang, retrouve le sens du devoir, qu’il exerce sa mission avec probité, engagement et respect scrupuleux des règles. C’est seulement à cette condition que notre pays, le Gabon, pourra enfin accéder à l’essor institutionnel et économique auquel nous aspirons tous ».
La critique de l’influenceuse met également en lumière l’effondrement simultané entre la complexité d’un mécanisme financier pourtant lourd mais défaillant et… la jeunesse inexpérimentée de ceux qui seraient à l’origine d’une telle catastrophe.
Thierry Mocktar




