Près d’un an après l’élection du Président Brice Clotaire Oligui Nguéma à la magistrature suprême, alors que ses actions restent difficilement expliquées à l’opinion publique, le cabinet présidentiel, à travers l’un de ses hommes clés, Jean-Pierre Oyiba – Haut Représentant personnel du Président de la République chargé des questions politiques, Directeur de cabinet du Président fondateur de l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB) – s’est livré récemment à un exercice de pédagogie en accordant une interview au quotidien – l’Union.
Il faut reconnaître qu’encore jeune, le pouvoir gabonais, en dépit de la présence en son sein d’hommes et de femmes compétents et expérimentés cherche toujours à asseoir sa légitimité dans un paysage marqué par la résilience des pratiques anciennes au sein de la société gabonaise.
En effet, l’action de Brice Clotaire Oligui Nguéma s’inscrit aujourd’hui dans le prolongement de la mise en pratique du programme politique défendu lors de l’élection présidentielle d’avril 2025. Une élection présidentielle intervenue dans un contexte bien particulier pour le Gabon : la crise de confiance entre une partie de la population et les institutions.
Pour répondre aux attentes sociales, malgré l’étroitesse des manœuvres économiques, le chef de l’État a articulé son action politique sur six priorités présentées comme les piliers du septennat : l’accès à l’eau et à l’énergie, la jeunesse et l’entrepreneuriat, les infrastructures et le capital humain, la justice sociale, la diversification de l’économie, et, l’amélioration de la gouvernance. Un programme qui est l’épine dorsale du projet de la Refondation nationale.
« Dans cette perspective, la transition politique, la nouvelle constitution et l’organisation des élections générales sont décrites comme les premières étapes d’un processus destiné à reconstruire l’État et à restaurer la légitimité des institutions », a précisé Jean-Pierre Oyiba.
Au-delà de l’optimisme, le Haut-Représentant Personnel du président de la République a également évoqué l’aspect lié au retard structurel d’investissement et une croissance démographique qui a dépassé les capacités des infrastructures existantes. Allusion faite aux difficultés rencontrées par les populations sur l’accès aux biens sociaux du fait de l’écart persistant entre les ambitions affichées et les réalités quotidiennes.
Jean-Pierre Oyiba rappelle également : « les tensions récentes dans le secteur de l’éducation ont démontré la fragilité de l’équilibre entre revendications sociales et contraintes budgétaires ».
Il y a également la volonté politique de « transformer la structure de l’économie gabonaise ». L’ambition est claire : réduire la dépendance aux hydrocarbures en développant l’industrialisation et la transformation locale des matières premières.
Des initiatives qui sont présentées comme étant structurantes pour l’économie nationale, même si leur concrétisation dépend des contraintes techniques, financières et environnementales importantes. Un choix qui relève d’une vision à long terme : reprendre la maîtrise des actifs pétroliers majeurs, sécuriser les revenus futurs pour l’État gabonais, à rassurer Jean-Pierre Oyiba, pour ce qui est du rachat par l’État gabonais de Assala Energy.
Dans un pays où les attentes sociales restent fortes, la crédibilité du pouvoir dépendra moins de la cohérence du projet que de sa capacité à produire des changements perceptibles dans la vie quotidienne des Gabonais.
Thierry Mocktar




