Alors que la campagne pour l’élection du futur président de la République est lancée au Gabon, le déploiement des candidats sur le terrain révèle une diversité de stratégies tout aussi importantes les unes des autres. Challenger d’Oligui Nguema, Alain-Claude Bilié-By-Nze lui, a opté pour le contact direct avec les populations. Cette stratégie ne fait cependant pas l’unanimité auprès de l’opinion publique.
Dans les images diffusées sur l’une de ses pages sociales, à l’ouverture de la campagne pour l’élection du futur président de la République du Gabon, on peut apercevoir le candidat dans un quartier reculé de la capitale gabonaise Libreville, Sotega. Manche de la chemise retroussée, botte aux pieds, Alain-Claude Bilié-By-Nze dit s’être rendu pour être au plus près des réalités du terrain ».
« Cette première étape de campagne marque mon engagement pour une véritable rénovation urbaine et des solutions adaptées aux besoins des populations. La proximité est mon choix… », a-t-il fait savoir.
Sur Facebook, le même canal par lequel le candidat a posté les images de son déploiement sur le terrain, ils ont été nombreux à critiquer cette sortie, s’interrogeant sur la sincérité de cette action, alors que pendant 14 ans, il aurait d’après les internautes, ignoré la souffrance de ces derniers. En effet, Conseillé du président de la République, porte-Parole de la présidence de la République, plusieurs fois ministres au sein des gouvernements d’Ali Bongo Ondimba puis premier Ministre, Alain-Claude Bilié-By-Nze a été de tous les combats du président déchu par les militaires le 30 août 2023.
Des souvenirs de son action, les Gabonais gardent les sorties parfois jugées intempestives, comme celle mémorable prononcée à l’Assemblée nationale en 2023 alors qu’il venait présenter aux députés son projet de politique générale. En ce temps-là, Alain-Claude Bilié-By-Nze avait affirmé : « les Gabonais vivent au-dessus de leur moyen ». Imagée, la réalité découverte par le candidat à Sotega se présente comme une sorte d’antithèse naturelle à ses propos.
Entre sous-développement et précarité couplée à des conditions de vie exécrables, la réalité de vie des populations de Sotega semble avoir rappelé au candidat le faux pas de son propos. « Cher Bilié-By-Nze avez-vous considéré la définition de « vivre au-dessus de ses moyens ? » Peut-être que cela inclut vivre sans eau et électricité, ou nager avec des poissons et reptiles aux moindre intempéries ? Mais rassurez-vous, ce n’est pas à vous de le savoir… Après tout, qui se soucie des petites préoccupations du quotidien alors qu’on peut s’asseoir confortablement dans un fauteuil moelleux en parlant de la vie des « autres » », s’est interrogé J.M visiblement remonté dans un commentaire .
D’un point de vue communicationnel, si cette sortie à le mérite d’aller à l’écoute des préoccupations des populations, elle coûte en énergie, risque de ne pas s’étendre à l’ensemble des quartiers de Libreville et apparaît comme étant risquée pour le candidat, au vue de la distance idéologique qui le sépare des Gabonais. Mais c’est peut-être déjà un grand saut de la part de ce dernier, que d’avoir essayé cette option stratégique.
Michael Moukouangui Moukala




