Cinq mois à peine, après l’organisation d’une élection présidentielle crédible et transparente unanimement saluée par la communauté internationale, les scrutins législatifs et locaux du 27 septembre 2025 ont finalement tourné en un fiasco généralisé sur l’étendue du territoire national. Au regard du désordre organisé en amont par le ministère de l’Intérieur et par des démembrements en aval.
Contrairement à la présidentielle, de nombreux manquements structurels et organisationnels ont été observés. Pourtant, au regard des gages de garantie d’un scrutin équitable, transparent et crédible donné par l’avenue de Cointet – siège du ministère de l’Intérieur dans le 3e arrondissement de Libreville – rien ne prédestinait un hécatombe électoral aussi massif.
Dans plusieurs circonscriptions du pays, de nombreuses irrégularités entravant la sincérité du vote ont été observées. Manque de bulletins de vote des candidats à l’étalage dans les bureaux de vote, absence de certains candidats dans la liste électorale, de nombreuses personnes du troisième âge non-accompagné, collusion parfaite de filiation entre certains responsables des Commissions électorales avec certains candidats, distribution massive de procurations au-delà des normes autorisées par la loi, procès-verbaux mal élaboré, dont les résultats n’enchantent que leurs auteurs, absence dans les bureaux de vote, des scrutateurs des candidats ou leurs représentants, dépouillement sans la présence des candidats ou leurs représentants encore moins la presse ou les observateurs. Autant d’éléments qui font penser à une véritable mascarade électorale au Gabon dans un contexte marquant la Ve République et qui devrait trancher les pratiques anciennes tant décriées. Des voix n’ont d’ailleurs pas attendu l’annonce des premiers résultats pour demander l’annulation pure et simple des scrutins.
Dans bon nombre de circonscriptions électorales, le parti présidentiel, l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB) serait en partie tenu responsable. Du tripatouillage électoral occasionné sur l’ensemble du territoire national lors des élections législatives et locales du 27 septembre avec la complicité évidente de certains membres des commissions électorales.
Le temps d’une élection, l’Union démocratique des Bâtisseurs aurait fait plus que le Parti démocratique gabonais (PDG) dans le tripatouillage électoral durant son long règne politique.
Deux anciens Premiers ministres, en l’occurrence Julien Nkoghé Bekalé et Raymond Ndong Sima, sortis de leur réserve, ont également appelé à l’annulation des élections. D’autres voix s’élèvent déjà pour demander la démission du ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault.
À en croire certaines sources, aussitôt rentrée de l’assemblée générale annuelle des nations unies à New York et du séjour à Cuba, le chef de l’État aurait convoqué le membre du gouvernement.
Il est à noter qu’au regard des premières irrégularités observées dès le lancement du processus, Brice Clotaire Oligui Nguéma avait invité les personnes concernées à faire preuve du sens de responsabilité. Autrement dit, tirer les conséquences de leur forfaiture au cas où celle-ci serait avérée.
Thierry Mocktar




