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mercredi, 11 mars 2026

Coup d’Etat de 2023 : Nourreddin Bongo Valentin a-t-il précipité la chute d’Ali Bongo ?

L’interview accordée, il y a quelques jours, à RFI-France 24 par Sylvia Bongo, plutôt que de constituer un aveu, relance plutôt le débat sur l’implication avérée de l’ex-Première Dame et de son fils, Nourreddin Bongo Valentin dans le contrôle du pouvoir gabonais et de ses ramifications durant la période ‘’d’indisponibilité temporaire’’ d’Ali Bongo.

En Octobre 2018, Ali Bongo en mission républicaine à l’extérieur du Gabon est victime d’un Accident vasculaire cérébral (AVC) à Ryad en Arabie Saoudite. L’opposition gabonaise évoque une vacance du pouvoir. Un vide juridique persistant dans la Constitution ne permet pas au gouvernement de se prononcer sur la question.

Diminué physiquement, malgré quelques sorties publiques, Ali Bongo, rassurant poursuit une rééducation. La succession est tout de même engagée dans les arcanes du pouvoir, notamment au palais présidentiel.

Le 5 décembre 2019, le Conseil des Ministres, entérine le projet de loi qui crée à la présidence de la République, le poste de Coordinateur général des affaires présidentielles (CGAP).  Nourreddin Bongo Valentin (26 ans), sans expérience politique ni administrative, y est promu. La fonction, taillée sur mesure, ouvre grandes les portes de la succession au fils prodige en lui accordant avantages et privilèges surdimensionnés au sommet de l’État.

Une nomination qui, évidemment, intervenait après la mise à l’écart de l’ancien homme fort du palais présidentiel, Brice Laccruche Alhianga (BLA) qui est remplacé par Martin Boguikouma – ancien gouverneur de de la province de l’Ogooué-Maritime – après qu’il ait lui-même remplacé à fonction le gourou béninois Maixant Accrombessi.

Laccruche Alhianga est alors accusé, avec plusieurs de ses proches, d’avoir détourné des fonds publics. BLA se voit également prêter des velléités présidentielles. En réalité, il s’agissait d’une stratégie visant à écarter de la course au pouvoir un potentiel adversaire à une succession dynastique. Brice Laccruche Alhianga avait un potentiel. Il était à la tête d’un important mouvement, l’Association des jeunes émergents et volontaires (AJEV). Une vague bleue qui regroupait des milliers de personnes à travers le pays.

Mouvement auquel se sont ralliés des partis politiques. BLA a également l’avantage d’être un bâtisseur. Il a lancé au nom du Président plusieurs chantiers. Il dira lui-même plus tard que la véritable raison de sa mise à l’écart était parce qu’il s’était opposé à la parodie qui faisait son chemin au sommet de l’État.

Définitivement out, la mise à l’écart de BLA sert de tremplin à Nourreddin et à sa bande, qui tirait les ficelles dans l’ombre depuis la maladie de son père. À l’opposé de BLA, Nourreddin – en dehors d’être le fils du président – n’est connu dans aucun milieu politique du pays. Le poste dans lequel il est promu lui accorde des pouvoirs illimités. « Le Coordinateur général des activités présidentielles assiste le Président de la République dans la conduite de toutes les affaires de l’État et veille à la stricte application de ses décisions », indique le texte de loi plaçant Nourreddin Bongo Valentin au-dessus du cabinet présidentiel et des institutions régaliennes de l’État, réduites à de simples chambres d’enregistrement.

Franchi cette étape, comme l’a parfaitement démontré les témoignages du procès de la Young Team de novembre dernier, mère et fils (Sylvia et Nourreddin) avec leurs complices, parviennent à mettre en place une stratégie de contrôle de la vie politique de la nation, ainsi que des ressources du pays. Une chaîne de prédation des fonds publics de l’État bien organisée.

Nourreddin est alors dans le rôle de Président bis, Vice-président de la République, Premier ministre, Trésorier général-payeur, Contrôleur général financier… Il a le pouvoir de nomination et de révocation. Rien ne lui résiste.

Les élections présidentielles truquées de 2023, dont on lui attribue l’organisation sont la goutte d’eau qui a fait écrouler le château de cartes de la Young Team. Et, surtout précipité la chute d’Ali Bongo.

Faute de se faire passer pour victime du pouvoir gabonais, a mère Sylvia Bongo aurait dû, éminemment reconnaître le rôle, par elle et son fils, joué durant l’indisponibilité temporaire d’Ali Bongo.

Les médias propagandistes RFI et France 24 servant à dénigrer les pouvoirs africains, devraient, plutôt interroger leur invité sur le rôle qu’elle a joué durant cette période (4 ans) d’incertitude qu’a connu le Gabon.

Thierry Mocktar

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