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lundi, 23 mars 2026

Intrigue politique : existe-t-il un sentiment anti Bongo ou une ironie maquillée

Sous l’ère de la Ve République, le Gabon vit des inédits inattendus, alors que les autorités, pour les valeurs démocratiques et pour préserver l’unité nationale, prônent l’inclusion, la cohésion sociale et la solidarité définie par les préambules de la Constitution de la République.

Il y a une onde de rejet identitaire de certains patronymes qui sont voués à la vindicte. Celle-ci s’est beaucoup plus accentuée depuis l’avènement du coup de la libération.

L’idéologie du libéralisme politique né de l’avènement de la nouvelle République, qui met l’accent sur la liberté individuelle, a occasionné des dérives sociales. Malgré le principe de la restauration des valeurs incarnée par le pouvoir.

En effet, selon certaines observations, l’on a comme l’impression qu’il existe dans le pays une forme de sentiment anti « Bongo » dont seraient victimes certains citoyens coupables pour leur appartenance ou fidélité à l’ancien système conçu par feu Président Omar Bongo Ondimba. Une posture incompréhensible, quand on sait que ce système a façonné durant des années des générations (anciennes et nouvelles) de l’élite politique nationale.

Aujourd’hui, l’égocentrisme politique se traduit par un acharnement sur le système de promotion de la géopolitique qui a façonné plusieurs personnes et élevé leur rang social. Comment peut-on rejeter un système auquel on a porté l’idéologie jusqu’au plus profond de soi, juste parce que l’on devient régent ou tribun du nouveau régime ?

« Ce que l’on gagne de la vie, c’est le plus profond du chagrin. Ce que l’on garde de la vie c’est le plus profond de la haine », écrivait un poète. C’est dire, pour coller au regard traditionnel bantu du Gabon, « qu’il ne faut jamais oublier d’où l’on vient ni ses origines quand bien même on aurait connu une évolution sociétale ».

Pire encore, les porteurs du patronyme du défunt Président gabonais seraient particulièrement visés à des fins de nuisance. Un déferlement d’accusations au relent d’acharnement sur des victimes innocentes. Le dossier des fêtes tournantes dont on sait l’immensité des malversations qui ont été l’une des causes de la perte de confiance entre le peuple et les responsables politiques dans les provinces en dit long sur les dessous de la politique au Gabon.

Si ce dossier ne concerne que les anciens « doyens politiques » porteurs du « Bongoisme rénovateur » de l’ancien système, qu’en est-il aujourd’hui du dossier qui concerne les 7 milliards de francs CFA par localité alloués par le chef de l’État de la transition Brice Clotaire Oligui Nguéma lors de sa tournée républicaine ? Il est clair que les nouveaux régents de la République ne sont pas exemptés de critiques.

Ali Bongo n’a peut-être pas su préserver le lourd tribut de l’héritage légué par Omar Bongo Ondimba, en oubliant la mise en pratique de l’équilibre de la géopolitique. Il ne s’est entouré que d’une horde de prédateurs de finances publiques.

Les Bongos sont-ils les seuls à subir le déchaînement de haine dont ils sont voués ? Et pourtant, tout indique qu’ils ne sont pas les seuls responsables des cinq décennies de l’hécatombe du pays, sauf si certains en démontre le contraire.

Si rien n’indique les mobiles réels de l’acharnement sur les Bongos, on pourrait déduire que la longévité du système du patriarcat en serait la cause sont certains portent encore les vestiges.

Thierry Mocktar

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