Une opération conjointe menée le 12 novembre par la Direction provinciale des Eaux et Forêts, la Police judiciaire de l’Ogooué-Ivindo et l’ONG Conservation Justice a permis l’interpellation de quatre présumés trafiquants d’ivoire en possession de 14 défenses d’éléphants.
Les individus, tous de nationalité gabonaise, ont été arrêtés en flagrant délit alors qu’ils tentaient de vendre clandestinement les produits issus d’actes de braconnage. Selon les autorités, l’un d’eux est un récidiviste déjà arrêté et condamné par le passé, notamment en 2019 puis en 2023, pour des faits similaires.
Les suspects ont été placés en garde à vue à la Police judiciaire de Makokou, en attendant leur présentation devant le Procureur spécial. Ils encourent jusqu’à 10 ans de prison et une lourde amende équivalente à cinq fois la valeur des produits saisis, conformément à l’article 390 du Code pénal gabonais.
Cette arrestation s’inscrit dans une série d’opérations menées ces derniers mois pour freiner le trafic de faune sauvage, devenu une menace critique pour la biodiversité gabonaise. L’éléphant, particulièrement visé par les réseaux criminels, joue pourtant un rôle essentiel dans l’équilibre de l’écosystème forestier.
Alors que la COP30 se tient actuellement à Belém au Brésil, l’affaire rappelle l’importance de renforcer la lutte contre les trafics environnementaux à l’échelle locale comme internationale.
Pour Luc Mathot, Directeur exécutif de Conservation Justice, la disparition des éléphants n’a pas seulement un impact écologique, mais également climatique : « L’éléphant, par son rôle de jardinier des forêts, favorise la régénération naturelle des arbres de gros diamètre. Il contribue ainsi à augmenter la capacité de stockage de carbone de la forêt. »
Selon les estimations de l’ONG, chaque éléphant permet chaque année la séquestration d’une quantité de gaz à effet de serre équivalente aux émissions de près de 40 véhicules.
La Rédaction




