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lundi, 16 mars 2026

CICIBA : un patrimoine africain dans l’abandon et la misère

Créé à l’initiative du Président gabonais feu Omar Bongo Ondimba qui voulait en faire une tribune continentale destiner à préserver les cultures et traditions africaines des peuples bantous d’Afrique australe, centrale et orientale, le Centre international des civilisations bantous (CICIBA) qui fut un véritable défi, est aujourd’hui à l’abandon et dans la misère.

Pour les experts, le terme « bantou » désigne les langues de l’Afrique au sud, de l’Équateur dans lesquelles, majoritairement, l’être humain se dit « muntu » au singulier et « bantou » au pluriel.

Ce regroupement linguistique se compose de plus de 150 millions d’habitants dans une zone qui s’étend de l’Afrique centrale au cap de Bonne-Espérance en Afrique du Sud.

L’ancien Ministre gabonais de la culture, Jean Émile Mbot en avait fait une de ses priorités. La sortie du gouvernement de l’ancien Directeur général des arts et musées nationaux du Gabon et ancien Professeur d’anthropologie à l’Université Omar Bongo, va condamner le projet à sa d’échéance. Si l’on ajoute le manque de volonté politique des décideurs africains pour accompagner et soutenir l’idée d’Omar Bongo Ondimba, dont le pays en qualité d’État-siège, était quasiment le seul pourvoyeur de fonds. Bien que onze États : Angola, Burundi, Centrafrique, Comores, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, Rwanda, Sao Tomé & Principes, Zaïre (RDC) et Zambie ont ratifié la convention intergouvernementale à Libreville, lors de la Conférence des ministres africain de la culture tenue du 4 au 8 janvier 1983. Le Cameroun et le Nigéria étant présents en tant qu’observateurs.

Avec pour mission : la collecte, la conservation et la diffusion des patrimoines culturels et historiques des peuples bantous, la promotion des échanges culturels et scientifiques entre les pays membres, le soutien à la recherche et à la formation dans tous les domaines de la culture bantou, le centre se devait d’être un lieu de rencontre et d’échanges pour les chercheurs, les artistes et les passionnés de la culture bantou. Un espace de promotion de la diversité culturelle et de la coopération régionale.

Le Ciciba est aujourd’hui dans une situation agonisante : faute des finances stables et du manque de volonté politique des décideurs africains. Le projet a été abandonné. Le site qui devait être le siège de l’institution, construit au nord de Libreville, dans la commune d’Akanda est devenu le lieu de squatter pour des centaines de familles sans ressources, avec des conditions de vie précaire et une insécurité grandissante qui rappellent le quotidien dans les favelas de Rio de Janeiro (Brésil) ou encore de Calcutta (Inde)

 Le Gabon qui soutenait encore financièrement l’institution régionale, pour son fonctionnement, est à l’essoufflement.

Le programme de société du Président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguéma repose sur six piliers prioritaires, notamment celui du « Capital humain ». Ce pilier vise à développer les aspects liés à la culture sous toutes ses formes. Comme en témoigne la construction, à travers le territoire gabonais, des sites devant abriter le patrimoine immatériel pour la valorisation des cultures locales.

Cependant, il y a des efforts pour donner vie au Centre international de civilisation bantou, notamment de la part du Gabon, qui souhaite renforcer son leadership en Afrique à travers le Ciciba avec le projet de construction du futur Centre international des conférences Omar Bongo (CICOBO) au quartier Bas de Gué-Gué – dans le premier arrondissement de Libreville – en est l’illustration.

Thierry Mocktar

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