La devise d’un pays est une règle de conduite, un deal vers lequel devrait tendre sa population. Si pour notre partenaire stratégique, la France, la devise est Liberté, Égalité, Fraternité. Au Gabon, on parle d’Union, Travail, Justice. Autrement dit, toutes les fois où la division, la paresse et l’injustice tentent de s’inviter voire de s’imposer dans l’espace public, c’est que nous sommes appelés à faire face aux ennemis de notre pays. À ce niveau, les mots de la Loi sont clairs : défendre la Patrie contre ses ennemis.
Décembre 2016, Jacques Adiahénot, ancien Secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG) et plusieurs fois Ministre sous le règne d’Omar Bongo Ondimba, en disgrâce avec le pouvoir d’Ali Bongo Ondimba s’est ironiquement interrogé après qu’un thureferaire de ce nouveau pouvoir lui offrit une chaleureuse salutation. Tellement l’histoire semblait bêtement se répéter.
Bien qu’étant Secrétaire général du parti au pouvoir, l’ancien Ministre n’avait jamais cessé de fréquenter Pierre Louis Agondjo Okawé, farouche opposant au système Bongo. Les bulletins de renseignements et les commérages de tous genres furent présentés à Omar Bongo Ondimba pour qui se méfia du seul russe Mpongwè de son pouvoir.
Patatras, la mort non mystérieuse mais plus qu’étrange de l’opposant Joseph Rendjambé Issani, nom donné à l’aéroport de Port Gentil, n’a accéléré la colère de l’opposant mais surtout de la communauté Omyièné contre le régime d’Omar Bongo Ondimba.
Rappelons que Rendjambé Issani était le frère d’Agondjo Okawé.
Cette situation explosive posée, il fallait maintenant trouver des intermédiaires efficaces et crédibles qui pouvaient pacifier cette situation qui fut le seul moment où le pouvoir du fils Basile Ondimba vacilla très sérieusement. Jacques Adiahénot.
C’est dire que « qui veut aller loin, ménage sa monture ». Lorsque la division est prônée au détriment du Dialogue et de la Paix, c’est qu’on a déjà accepté de détruire le Gabon. C’est cette sagesse « omarienne » qui a grandement manqué à Ali Bongo Ondimba et qui a vu son règne écourté par un coup d’État sans la moindre résistance. Ce dernier s’était laissé convaincre par des langues de vipères quand il s’est agi de nuire et de détruire André Mba Obame.
Imaginons ce qu’aurait pu être ou faire un tandem de gouvernance Ali Bongo Ondimba-André Mba Obame ?
Au lieu de rechercher à unir deux illustres fils du pays, certains ont fait le choix de les diviser. Pour quels bénéfices engrangés ? La mort de l’un et la déchéance politique pour l’autre accouplée à une maladie handicapante.
L’histoire étant un éternel recommencement, au lieu de ramener deux fils du Gabon à penser « Gabon d’abord » dans son fondement « Union-Travail-Justice », même dans la différence d’opinions, certains s’activent à les éloigner davantage en jouant sur les peurs de l’un comme de l’autre.
Avec le coup d’État du 30 août 2023, on pensait ces méthodes surannées révolues. Hélas, les mauvaises habitudes ont la dent dure.
Une visite chez Alain Claude Billie By Nze, et la République est en ébullition. Là encore c’est Yann Ghislain Ngoulou ? C’est Nourredin Bongo Valentin ? C’est Sylvia Bongo Ondimba ? Non. Ce sont ces sorciers et les perfides trompeurs qui sèment le poison et répandent la peur au sommet de l’État.
Une seule question s’impose alors. En quoi rencontrer Alain Claude Billie By Nze devient un casus belli, un délit, une trahison, une faute politique ?
Les partis politiques ont des règles. Qu’on soit au PDG, à l’UDB, à l’UDIS ou à l’EPG. Dès lors qu’on accepte d’adhérer à une formation politique, il est important de savoir qu’on perd un peu de sa liberté. Peut-on engager une démarche politique sans en référer au statut et règlement intérieur de son parti ? La réponse est non.
Par conséquent, tirer par les poils du mollet un parallèle comparatif entre le cas d’Annie Léa Meyé chez le Président de la République, dans le cadre d’une rencontre officielle avec les forces de l’opposition gabonaise et une visite familiale et amicale de Télesphore Obame Ngomo et Alain Claude Billie By Nze est juste pathétique. Il faut vraiment manquer d’intelligence pour faire une telle lecture des situations.
Que les maîtres à penser de la petite semaine ou les financeurs obscurs de l’abrutissement des Gabonais mesurent bien la taille de leurs sujets à traiter. Pour le coup, c’est rater. Aussi, posons-nous les bonnes questions : (1) Annie Léa Meyé est-elle de l’opposition ? Oui ou Non, (2) A-t-elle eu le mandat de son parti ? Oui ou Non, (3) L’invitation reçue était-elle dans quel cadre ? (4) A-t-elle eu le mandat de de son parti ? Oui ou Non (5) Est-ce légitime que le parti se désolidarise de son acte puisqu’il ne le partage pas, oui ou non ? Voici les questions de fonds sur lesquelles les gens intelligents doivent plancher au lieu de se torturer l’esprit à inventer le fil à couper le beurre.
En plus, concernant Télesphore Obame Ngomo, citoyen libre, on peut se poser la question de savoir : quelle est la loi au Gabon qui interdit à un citoyen de rencontrer un adversaire politique du Président de la République ? Sauf à vouloir faire croire au monde entier que nous sommes retombés dans les travers du passé avec son lot d’imbéciles politiques et de violences morales ?
C’est à croire que la Transition et ses principaux acteurs ont emporté avec eux le génie des bonnes intentions et de la pensée pire et positive. Quid de ce fameux retour aux sources, tant ventilé durant la transition pour légitimer le coup d’État constitutionnel du 30 août 2023.
Dans quelle tradition au Gabon, la division est privilégiée au dialogue ? Même chez les Fang, abusivement considérés comme des barbares ou des brutes sans manière, c’est d’abord le dialogue avant le déclenchement des hostilités guerrières quand celui-ci a accouché d’un demi-pet de criquet.
Cette version qui voudrait faire d’Alain Claude Billie By Nze l’ennemi à abattre au nom d’une divergence d’opinions ou d’une différence d’approche dans la gestion de la maison Gabon devrait interpeller la conscience collective. À cette conception tordue du débat politique, nous disons chiche. Il faut savoir s’indigner quand les fondements de la République voir de la Nation sont en danger. Et pour le coup, c’est le cas.
La première phrase de notre hymne national est-elle banalement ou machinalement récitée tous les lundis et vendredis après-midi en se la prononçant on prend la mesure nécessaire de tout son sens pour le bien de notre pays ? « Uni dans la concorde et la fraternité, éveillé toi Gabon ».
Au-delà de tout ce qui a été dit, sur le plan politique, qu’est-ce qu’Alain Claude Billie By Nze dit qui ne peut pas recevoir de réponses sérieuses et crédibles à la hauteur des mots bien choisis et correctement posés ? C’est bien la preuve que certains préfèrent les commérages et s’abonnent à la bêtise indigeste sans limite. Malheureusement pour ces sorciers et ces perfides trompeurs, leurs incapacités sont publiquement démasquées.
Nous osons penser qu’en opérant de telles petites manœuvres, ces sorciers et perfides trompeurs étaient conscients qu’ils s’adressaient à deux anciens porte-paroles de la communication présidentielle, les gratte-papiers sur commande ou les articles alimentés par des convictions, on sait les reconnaître. Bref… le message est passé.
Les enfants du Gabon doivent se parler. Car tout n’est pas que politique politicienne. Pétain et De Gaulle se parlaient. Mitterrand et Chirac se voyaient. Jacques Foccard et Guy Pen se fréquentaient pour la grandeur de la France. Pourquoi au Gabon, des adversaires politiques deviendraient-ils des ennemis ?
Au-delà de tout, il y a la famille mais surtout l’amitié qui deviennent les choses les moins partagées dans notre pays. Et le Général d’Armée de Gendarmerie Ngomo Mvé David de dire à Omar Bongo Ondimba : »Monsieur le Président vous pensez que c’est parce qu’on n’est pas d’accord avec vous, qu’on est contre vous ? »
Pour le cas Billie By Nze, je cumule non seulement le côté familial mais surtout c’est un ami comme je le suis avec le Général Président dont je suis le collaborateur, il s’agit bien du Gabon…
Telesphore Ngomo
Citoyen libre,
Ancien Président de l’OPAM




