Ancien dignitaires de la République qui sait parfaitement assumer son passé, et homme politique de premier rang, l’ancien Premier ministre du Gabon, Julien Nkoghe Bekale dans une tribune libre intitulée : « entre exigence de vérité et devoir de redressement » a fait une analyse de la gouvernance du Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguéma, dont la célébration de l’An I du premier mandat aura lieu, le 3 mai prochain.
L’ancien chef du Gouvernement a articulé son exposé de motifs autour de trois grandes idées fortes : l’organisation et le fonctionnement des institutions, ainsi que l’appareil administratif qu’il faut repenser ; la restauration et la confiance et la réconciliation des générations qui, au lieu d’être un levier de sursaut national, tendent à se transformer, en un terrain de compétition stérile et parfois délétère.
Dans un climat national préoccupant, l’ancien Premier ministre invite au rappel de la vérité pour restaurer la confiance, au regard de la sérénité du peuple qui s’érode, notamment à l’égard de l’élite politique. « Le peuple ne reprend confiance que lorsque ses dirigeants acceptent de nommer la vérité, de restaurer l’ordre et de fixer un cap clair », indique Julien Nkoghe Bekale.
En effet, les gabonais pour aspirer au changement profond, attendent une gouvernance plus responsable, d’une capacité à construire des consensus dynamiques, une nouvelle manière d’être ensemble ainsi qu’une gestion apaisée et intérieure de leur diversité. L’inclusion de tous dans le respect des différences et de la dignité est une condition essentielle pour préserver un climat politique apaisé et permettre à chaque citoyen de participer pleinement à la construction nationale.
Dans son propos, Julien Nkoghe Bekale a également glissé quelques sages conseils au pouvoir suite à son plébiscite lors de l’élection présidentielle du 12 avril 2025.
Le gabonais peut et doit se positionner comme un référent africain en matière de bonne gouvernance en donnant de la solidité à la signature publique, la confiance des partenaires et la capacité d’attirer les capitaux et les investissements licites. L’homme politique invite également ses concitoyens à ne pas porter trop tôt de jugement définitif. « Il serait irréaliste de penser que toutes les attentes des gabonais peuvent être satisfaites en une seule année », rappelle-t-il. Et de préciser que dans un devoir de lucidité et de responsabilité « il est indispensable de rappeler que les engagements et les priorités conditionnent la réussite du septennat ».
En tant que citoyen, Julien Nkoghe Bekale compte apporter sa modeste contribution au débat national, dans un esprit républicain, pour que vive le pluralisme démocratique et le débat d’idées.
Le développement du Gabon dépendra de cette capacité collective à mettre fin à un système qui détourne ses ressources.
« Je sais que certains de nos compatriotes considèrent que ceux qui ont exercé des responsabilités hier n’auraient plus droit plus droit à la parole aujourd’hui. Le moment où nous vivons exige de la hauteur, du courage et de la vérité. Le Gabon a besoin d’un cap clair, d’un État fort et d’une gouvernance exemplaire », conclut Julien Nkoghe Bekale.
Thierry Mocktar




